Adapter les romans Harry Potter en bande dessinée, le rêve des lecteurs

Nicolas Gary - 05.05.2017

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ETUDE – Quel enjeu que l’adaptation de romans en bande dessinée ? C’était l’objet d’une étude réalisée par le réseau de lecteurs Babelio, présentée ce 4 mai. L’une des conclusions qui s’imposent est que les lecteurs sont très sensibles à l’exploration d’un univers romanesque. Et ne se priveraient pour rien de toute œuvre qui prolonge leur lecture. 

 

Dog Looks Like Harry Potter
Petful, CC BY 2.0

 

 

Sollicitant sa communauté, majoritairement de grands lecteurs, Babelio expose que 68 % sont amateurs de BD, et 45 % en lisent plus d’une par mois. Plus de la moitié d’entre eux apprécient d’ailleurs des titres qui sont inspirés de romans – 26 % d’entre eux aiment savoir comment le livre originel a été adapté.

 

La BD a, auprès de ce lectorat, gagné ses lettres de noblesse : 77 % des lecteurs n’établissent aucune hiérarchie entre BD et romans. Cela dit, seuls 17 % ont découvert un roman via la bande dessinée. Notons que Le rapport de Brodeck est la BD qui a le plus encouragé les lecteurs à aller voir le roman. 

 

Dans le monde manga, 36 % des lecteurs ont lu un ouvrage inspiré d’un roman, et 89 % d’entre eux expliquent être littéralement fans. Ils ont donc l’envie de découvrir tout ce qui découle de l’œuvre qu’ils ont aimée.

 

Faire lire des classiques grâce à la BD ? Pourquoi pas : 71,9 % estiment que les enfants peuvent être conduits aux classiques via les bulles. D’ailleurs, les lecteurs sont plutôt ouverts : si 44,7 % aiment que la BD soit fidèle au roman, 43,5 % reconnaissent l’originalité et l’indépendance de l’adaptation. 

 

En revanche, 77 % des lecteurs souhaitent que la BD soit enrichie avec des informations sur l’œuvre originale. Quant à l’œuvre que les lecteurs aimeraient massivement voir adaptée, c’est sans conteste Harry Potter

 

Dans le cadre des échanges qui ont suivi, les éditeurs et journaliste présents ont apporté quelques précisions. Pour Cedric Illand, de Glénat, il est remarquable que les lecteurs attirés par une BD choisissent autant celui qui adapte que le sujet originel. « Quand Joann Sfar s’empare du Petit Prince c’est peut-être plus Sfar et sa lecture que les lecteurs recherchent que l’histoire de Saint-Exupéry. »

 

Vincent Brunner souligne que l’adaptation du roman à la BD ne connaît pas de règles. Pour Frédéric Lavabre, directeur des éditions Sarbacane, le cas de l’Astragale, adapté, « découle d’un texte fort à l’origine, celui d’Albertine Sarrazin. Et le travaille d’Anne-Caroline Pandolfo fut colossal ». 

 

Selon lui, l’adaptation « peut être profitable pour des romans moins connus. En tant que média populaire, la BD peut en effet avoir le pouvoir d’amener vers le texte. Mais quand il s’agit de grands classiques, toute adaptation doit apporter un regard nouveau, et donc une lecture nouvelle ».  

 

Et Vincent Brunner de poursuivre : « L’important reste de trouver une voix qui va porter la voix première. Le scénariste est au service du romancier, avec la nécessité de trouver sa place. »
 


Les conclusions découlant de l’étude réalisée :

 

Parmi les lecteurs de bande dessinée, plus de la moitié lisent des adaptations de romans ; 

La bande dessinée adaptée en revanche n’amène qu’une minorité des lecteurs à découvrir le roman d’origine ;

Une très grande majorité des lecteurs de mangas adaptés en lisent car ils apprécient l’œuvre originale ;

Les bandes dessinées adaptées les plus connues sont les adaptations de classiques ;

Les littératures de l’imaginaire et les romans d’aventures sont les genres jugés les plus propices à l’adaptation en bande dessinée ;

Les romans contemporains sont le premier vivier d’adaptations en bande dessinée, avec une concentration sur les publications françaises et américaines.

 

On pourra retrouver l’intégralité des échanges dans le Live Tweet La grande aventure des bulles.