Agence Hardy, Boulevard des crimes : une gueule d'atmosphère ?

Clément Solym - 18.10.2009

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Ah, ce cher général... que ferait-on sans son héritage et cette éloquence fameuse ? Aujourd'hui que la politique n'a plus de sens autre que celui des rivalités et des querelles pusillanimes, comment ne pas rendre hommage à celui qui incarna le renouveau français ?

N'allez pas croire que je prêche pour ma paroisse : du tout. Simplement, l'affaire qui va vous préoccuper aujourd'hui - parce que la BD je l'ai déjà lue - ne souffre aucun commentaire. On veut assassiner le général. Mais oui, De Gaulle. Et son Yvonne de femme par la même occasion.

Reprenons : alors que dans un théâtre de pacotille, Thelma, starlette du moment, joue dans un drame historique (Ce soir, on raccourcit... sic), les hommes qui lui donnent la réplique se font gentiment assassiner. Ça tombe bien, ça fait de la presse autour du spectacle. En parallèle, l'agence Hardy enquête donc sur une tentative d'assassinat. Car les griefs sont nombreux contre l'homme. Ainsi, une journaliste, Rosa, va mener elle, l'enquête sur les meurtres qui ont lieu. Verdict, il n'est pas net, le dramaturge, et plutôt sanguin... Quant Hardy, elle, va oeuvre pour la sécurité du pays...

Si le découpage de cette BD donne un rythme assez régulier et bien tenu, il faut s'attendre tout de même à un titre très convenu et classique. Les effets de mise en page sont régulièrement reproduits, avec l'insertion d'une case plus petite dans une plus grande. Lassant à force et pas vraiment intéressant.

Les couleurs, quant à elles, sont dans l'ensemble assez ternes, voire délavées, ce qui accentue d'un côté la vocation historique, ancrée dans la fin des années 50, mais rapidement, chope les défauts de sa qualité. Ça devient fade, estompé : on est loin du charme des tempes grisonnantes. Et pour aller avec, le dessin ne m'a personnellement pas plu : là encore, quelque chose de passéiste qui me rebute. Mais niveau technique, pas grand-chose à redire.

Alors l'intrigue peut-être ? Avec un titre comme Boulevard du crime, on ne va pas s'attendre à pénétrer les arcanes du pouvoir politique. Mais le parallèle entre les deux enquêtes, l'assassinat de De Gaulle et les morts au théâtre se mettent en relief l'une et l'autre. Dans la catégorie fait divers, on est écartelé entre deux extrêmes. Les personnages sont bien campés, pas de soucis pour cela. De même, tout est clair, bien linéaire, et simple à comprendre. Du classique, en somme, sans effet de surprise.

Certes le retour des deux complices fonctionne bien, mais il fonctionne surtout comme il l'a toujours fait. Pour des enquêtes, oui, maintenant, faire appel à cette agence pour se divertir... probablement pas.

Agence Hardy, Boulevard des crimes, publié chez Dargaud, par Pierre Christin et Annie Goetzinger, 10,40 €. D'autres extraits à cette adresse.