Astérix ne se vend pas, puisqu'Uderzo avait donné l'accord à McDo

Clément Solym - 20.08.2010

Manga/BD/comics - Univers BD - mcdonald - publicite - asterix


L'affaire commence à prendre de l'envergure au point que même l'AFP s'y intéresse. Diantre. La campagne de publicité de McDonald's s'appuyant sur le jovial nabot aux tresses blondes ferait-elle tant bondir les internautes ? Fichtre, par Toutatis !



Astérix et McDo vont dans le métro... ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Voilà quelques jours, se dévoile une publicité réalisée par EuroRSCG, qui met en scène différents personnages - Cendrillon, le tueur de Scream... et les irréductibles Gaulois. Lesquels sont représentés au cours de leur traditionnel banquet de fin d'aventure... mais cette fois, dans un établissement aux couleurs de la chaîne américaine de restauration lente et diététique.

De quoi se demander ce qu'Albert Udezo avait réellement en tête quand il a vendu 40 % des parts des Éditions Albert René à Hachette. Le discours était pourtant clair : « Il me fallait en confier les clés à un grand éditeur, financièrement solide, connu pour être respectueux des droits moraux et patrimoniaux de ses auteurs, qui connaisse bien l'oeuvre, et qui soit susceptible de garantir son rayonnement international et sa pérennité. »

Or, cette campagne publicitaire prend de l'ampleur, et Veilleurs.info exprimait son dégoût sans peine : « Bravo à Albert Uderzo pour sacrifier pareil monument de la BD aux hordes de Romains. »


Réaction immédiate de Xavier Royaux, vice-président de McDo France, en charge du marketing : « Nous avons eu l'accord d'Uderzo. S'il l'a donné, c'est qu'il jugeait aussi l'idée pertinente. » Et si cette campagne agace les internautes, qu'ils comprennent bien « qu'Astérix ne se vend pas, qu'Astérix ne se vend jamais et que ça a été fait en collaboration avec les auteurs, qui sont les meilleurs garants de l'intégrité d'Astérix. »

Ne se vend pas... tout de même. On se souvient que l'album anniversaire avait été un gros échec : 600.000 ventes, sur un tirage énorme de 3,5 millions d'exemplaires. En ratio, ça fait pas des masses...
 

Le respect d'un héros français


Alors redore-t-on son blason avec un partenariat McDo ? « On est vraiment dans la volonté d'être dans le plus profond respect d'un des héros préférés des Français, et c'est d'ailleurs pour ça qu'on a fait appel à lui dans le cadre d'une campagne (...) qui a pour but d'illustrer l'universalité des gens qui viennent chez nous », poursuit Xavier Royaux.

Et les Éditions Albert René, qui avait apprécié, voilà quelques jours encore, le côté « humoristique et décalé » de la campagne, qu'ont-elles à ajouter ? Pas de polémique, indiquent-elles à l'AFP, surtout pas. « Cette campagne existe en partenariat avec McDonald's parce que le message convenait et parce qu'elle n'enlève rien aux valeurs des personnages. » Et de conclure que, attendu que la campagne a « créé une émotion », elle est forcément bien faite.

Dont acte.
 


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