Astérix possédé par Hachette, 'son pire ennemi', selon la fille d'Uderzo

Clément Solym - 14.01.2009

Manga/BD/comics - Univers BD - Asterix - Hachette - ennemi


Dans une tribune qui paraîtra demain dans le journal Le Monde, Sylvie Uderzo estime que l'acquisition des éditions Albert-René par le groupe Hachette, et donc la publication des aventures d'Astérix, relève de « la manipulation destinée à changer le cours des choses ». Peut-être est-ce là l'effet de l'annonce qui voit aujourd'hui la réédition de l'histoire Comment Obélix est tombé dans la marmite du druide quand il était petit, cette aventure illustrée d'aquarelles, qui motive cette intervention.

« Aujourd'hui, j'entre en résistance. Pourquoi ? Parce qu'Astérix est mon frère de papier », maintient pourtant Sylvie Uderzo, qui se retrouve « à entrer en lutte contre, peut-être, les pires ennemis d'Astérix : les hommes de l'industrie et de la finance. Ceux qui ont poussé mon père à renier toutes les valeurs avec lesquelles il m'a éduquée : l'indépendance, la fraternité, la convivialité et la résistance », rapporte l'AFP.

Alors, était-ce une intuition que de comprendre que les irréductibles Gaulois avaient été réduits, lorsqu'en décembre dernier, Hachette annonçait avoir acquis 60 % des éditions Albert-René ? À ce moment, le discours officiel de Sylvie Uderzo était pourtant clair : « Mon souhait est qu’Astérix, créé par mon père et Albert Uderzo, continue à passionner des générations d’enfants et d’adultes. »

Aujourd'hui, donc, les dés sont lancés, car il s'agit bien selon elle de « l'histoire d'une manipulation destinée à changer le cours naturel de la vie et de la survie d'une oeuvre artistique ». « Je me battrai donc, non pas contre mon père, mais pour préserver tout ce qui l'a fait, tout ce qui l'a animé : son oeuvre imaginée à quatre mains avec René Goscinny », explique-t-elle.

Hachette avait averti qu'Astérix aurait des suites et des poursuites, puisque « contractuellement », cela était possible. Underzo pourrait même y prendre part, apprenait-on la semaine passée.

Dans le village, Abraracourcix, interrogé par nos soins, redoute que là, ce soit, bon, et que le ciel lui tombe sur la tête...