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Au Japon, les éditeurs de manga ont enfin leur loi antipiratage

Nicolas Gary - 06.06.2020

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Voilà huit ans maintenant que le Japon dispose d’une législation anti-piratage, pour les films et la musique. Jusqu’à deux ans de prison. Les ayants droit avaient applaudi, mais certains secteurs — comme le manga et les magazines — déploraient de n’avoir pas leur texte. C’est chose faite, le parlement a adopté les amendements ad hoc. 


 

Des années de rédaction auront été nécessaires pour aboutir, ce 5 juin, à l’adoption de nouveaux textes pour la protection du droit d’auteur. Le téléchargement de mangas, de magazines et de textes universitaires, sans licence spécifique, est désormais interdit. Le modèle choisi est celui appliqué aux autres industries culturelles. 

Les deux ans de prison maximum s’accompagnent d’une amende pouvant aller jusqu’à 2 millions de yens (16.160 €). 
 
La nouvelle législation entrera en vigueur au 1er janvier avec quelques exceptions cependant. Ne seront ainsi pas poursuivis ceux qui téléchargent de brèves parties d’une publication (quelques pages d’un manga ou d’un livre). Les débats sur ce que représente cette courte infraction autorisée ne manqueront pas.

De même, les captures d’écran ne feront pas l’objet de plainte — pas plus que les téléchargements accidentels d’œuvres protégées. 

D’autres mesures portent sur les sites qui effectuent des référencements de liens, sans héberger directement de contenu. Appelés plateformes de leech, ils seraient 200 à opérer en toute impunité sur le territoire japonais. Mais au 1er octobre prochain, leurs propriétaires seront passibles de peines plus lourdes que celles pour le téléchargement.

En effet, on parle cette fois de 5 ans d’emprisonnement et d'une amende maximale de 5 millions de yens (40.400 €).

Ces derniers mois, le système législatif avait été mis à rude épreuve pour que ces textes aboutissent. En travaillant à une extension du périmètre de la loi sur le droit d’auteur, l’Archipel avait franchi une ligne rouge. En effet, les propositions que contient le projet de loi vont loin : même la copie privée d’images pourrait relever de l’infraction, avec une peine de prison possible.

Le compromis entre répression et bon sens semble avoir été trouvé. 


via Torrent Freak


illustration : Myriams-Fotos CC 0


Commentaires
Mon dieu mais c'est quoi cette image ???
« Le compromis entre répression et bon sens semble avoir été trouvé. »



Totalement illusoire : penser que la répression puisse être la solution est un manque total de connaissances des pirates et une mauvaise foi des « ayant-droits » (euphémisme pour éditeur grippe-sous, on parle souvent des majors dans ce cas).

Il y a d'abord le « pirate » geek collectionneurs : il téléchargera tout, ne lira (ou visionnera) presque rien, mais le fera pour le sport : tout avoir. Il est par essence incontrôlable. Il le fera toujours, quitte à monter son propre site pour contourner la législation (qui aura TOUJOURS un train de retard sur la techno : il suffit de déplacer un site de liens vers un pays légal).

Il y a ensuite le « pirate » occasionnel : celui qui va chercher des trucs qu'il n'achètera pas en général et de temps en temps trouve un de ces trucs si bien... qu'il se met aussi à les acheter. L'industrie est toujours gagnante dans ce cas (mais chut, faut pas le dire : ces « pirates » forment la majorité du lot).

Puis, il y a les très très « occasionnels », ceux qui font partie d'un lot dont l'occasion fait le larron : ce seront les perdants, car en général, ils sont peu capable de s'adapter.

En résumé, il est très impoliquement correct de dire que le système de piratage sert largement l'industrie, qu'elle ne lui coûte RIEN (la duplication d'un support numérique est totalement gratuit... Coucou l'arnaque du coût de fabrication et de stockage de l'e-pub !!!) et qu'en fait, elle lui rapporte même du pognon... Il suffit de voir que jamais il n'a été aussi facile de voir un film (on les trouve déjà en état de post-production sur le net !) et pourtant l'industrie du cinéma se porte comme jamais... Faire le calcul d'une perte sèche en calculant qu'un téléchargement est équivalent à un achat PHYSIQUE PERDU est une arnaque digne de Powel au Nations-Unis avec sa fiole de perlimpinpin pour prouver que l'Irak avait une arme de destruction massive. Notez que les majors soient principalement américains n'est peut-être pas un hasard...

Mais chut... hein... continuons à jouer les vierges effarouchées, passer des lois pour faire comme si.

Décidément, le pognon n'a pas d'odeur.
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