Auteur de BD : une profession “en grand danger”

Florent D. - 19.01.2017

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En octobre 2014 fut décidé, lors de la manifestation Quai des Bulles, à Saint Malo, d’instaurer des États généraux de la bande dessinée. C’est à Angoulême que la première édition s’est déroulée en 2015. C’est à Angoulême que les organisateurs donnent rendez-vous cette année encore.

 

Etats-généraux de la BD 2016

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Thomas Paris - Denis Bajram - Benoît Peeters

 

 

L’enquête sur l’ensemble du secteur menée en 2015 avait été dévoilée au cours du FIBD de 2016 : les États généraux de la BD, toujours plus indispensables, passaient au crible la situation socio-économique des auteurs de la bande dessinée.

 

Pour l’année 2015, les grands résultats indiquaient notamment qu’avec les éditeurs, les relations divergent : 36 % n’ont qu’une maison, 27 % en ont deux et 12 %, trois. « Plus l’activité se pérennise, plus le nombre d’éditeurs par auteur augmente », indique-t-on. « Le sentiment d’appartenance n’existe plus comme avant : l’exclusivité accordée jadis était liée à la présence d’un journal dans la maison d’édition. La prépublication entraînait cette fidélité, qui aujourd’hui disparaît. »

 

Côté revenus, les chiffres varient : entre 2012 et 2014, la moyenne annuelle est passée de 25.344 € à 25.489 €. Sur l’année 2014, 36 % vivent sous le seuil de pauvreté, et 53 % sont sous le SMIC annuel brut. Si l’on exclut ceux qui ont une pratique amateur, on passe de 38.891 € en 2012 à 41.781 € : 11 % vivent sous le seuil de pauvreté et 25 % avec moins qu’un SMIC.

 

2017 sera l’occasion d’un nouveau panorama.

 

La grande enquête des États généraux de la Bande dessinée auprès de 1500 auteurs a montré que leur situation socio-économique était souvent très précaire.

 

Afin d’avoir des données plus précises et plus fines sur les réalités de leur pratique quotidienne, une enquête qualitative est en cours auprès d’une vingtaine d’autrices et d’auteurs de plusieurs générations et divers niveaux de notoriété, mais qui se considèrent tous comme professionnels. Des sociologues et de jeunes chercheurs les interrogent sur leurs conditions de travail, leurs horaires, leurs revenus, leur protection sociale, etc.

 

Les premiers résultats permettent déjà, sans faire de misérabilisme, de confirmer de façon claire et étayée que la profession d’auteur de bande dessinée est en grand danger. Cette rencontre s’adresse donc aux professionnels, mais aussi à tous les lecteurs qui voudraient mieux comprendre cette inquiétante situation. La présentation sera suivie d’un débat avec la salle.

 

États généraux : « Artistiquement, la BD se porte bien. Économiquement, non. » 

 

Date : Samedi 28 janvier de 11 h à 12 h 30
Lieu : Salle Nemo, CIBDI, 60 Avenue de Cognac, 16000 Angoulême.

 

Entrée libre dans la limite des 250 places disponibles.

 

Organisée par les États généraux de la Bande dessinée, en partenariat avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.