Auteurs sous tension, éditeurs tendus : Saint-Malo, avec des vagues

Nicolas Gary - 07.10.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - auteurs retraites - RAAP Saint malo - débrayage bande dessinée


Ouh qu'elle sera bienvenue, la manifestation qu'organise la Société des Gens de Lettres sur la rémunération des auteurs... Si le SNAC BD a appelé à un débrayage à l'occasion du festival Quais des bulles ce week-end, à Saint-Malo, c'est avant tout pour des questions de retraite. Appelés à une action, ce 11 octobre, certains auteurs ont également reçu un message de la part de leur éditeur. C'est qu'un salon, c'est aussi de la logistique...

 

 

 

 

Le samedi 11, à 17h30, on embrayera donc sur un débrayage, « qui fait suite à une lettre ouverte signée par plus de 1200 auteurs, a été décidée en réaction à la réforme imposée de leur complémentaire retraite obligatoire », insiste le SNAC BD. Cette prise de position ferme contre la RAAP a deux intentions : 

  • Montrer  la volonté des auteurs de voir aboutir la concertation engagée
  • Informer tous ceux pour qui la bande dessinée est à préserver et à défendre.

 

Tout cela est bel et bon, mais le Syndicat, dans sa grande générosité, s'est manifestement mépris sur les intentions des éditions Paquet. « Nous avions fait parvenir un courrier aux auteurs, pour savoir qui serait présent. Et manifestement, cet email a été récupéré, et très mal compris », nous précise l'éditeur. 

 

L'idée était en réalité de pouvoir organiser au mieux le planing des dédicaces pour la manifestation, et « tenir compte de ceux qui souhaitaient assister à cette réunion du SNAC BD. L'échange avec les auteurs a été rapide et courtois et les changements intégrés en fonction des desiderata de chacun », explique la maison dans un communiqué. 

 

Or, le SNAC avait vu dans cet email un « courrier intimidant et culpabilisant  des éditions Paquet », qu'il s'était empressé de dénoncer, préférant y voir « une maladresse de communication ». Et de rappeler alors que les auteurs ne sont pas payés pour effectuer des dédicaces, et que « cet exercice n'est sûrement pas un devoir, ni un dû , mais un don aux LECTEURS ».

 

Pierre Paquet s'est vu contraint d'intervenir, pour mettre un terme à ce foutoir.

Contrairement à ce qui a pu être relayé, nous n'avons exercé aucune pression sur quiconque, pour la simple et bonne raison que nous sommes fondamentalement avec les auteurs dans leur lutte contre cette taxe. Quelques tournures maladroites ont pu être propices à l'interprétation, et certains en ont profité pour régler leurs comptes, mais rappelons que ce courrier s'adressait à des auteurs avec lesquels nous travaillons tous les jours et qu'ils l'ont très bien compris !

 

Et le patron de la maison assure que si une forme de pression a été ressentie, « j'insiste sur le fait qu'il ne s'agissait pas de notre intention, d'où notre réaction face au titre du SNAC BD ». C'est que la question des retraites concerne chacun, au point que Guy Delcourt, dans un bref message, a également tenu à manifester sa solidarité au nom de sa société. 

 

 

 

Il ne manque donc plus que l'intervention de la ministre, puisqu'Aurélie Filippetti n'avait pas eu la possibilité d'aller bien loin sur ces questions. En juin dernier, ce même SNAC s'était ému et regrettait vivement  « que le ministère de la Culture ne s'implique pas plus clairement dans son soutien aux auteurs ».

 

 

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