Batman et la propriété intellectuelle, Cyclope, arme de destruction massive...

Clément Solym - 21.12.2010

Manga/BD/comics - Comics - juridique - pouvoirs - heros


On les croyait instaurés dans leur position de défenseurs de la veuve et de l'orphelin, mais finalement, ils pourraient avoir plus de torts que de reconnaissance pour la justice rendue. Pour la première fois, les pouvoirs des supers héros et supers méchants sont examinés à la lumière juridique.

Deux petits malins, James Daily, habitant dans le Missouri et Ryan Davidson, dans l'Indiana, ont lancé le 30 novembre un projet un peu déjanté. Âges tous deux de 28 ans, ils se sont mis en tête de passer en revue les super héros et leurs vilains ennemis, pour les confronter à la justice du pays. Une convergence entre le monde réel et le monde fictif qui donne lieu à des commentaires vifs et des débats passionnés, on s'en doute.

Casse-tête juridique de première

Pour faire simple, il s'agirait de savoir si les pouvoirs psy du Professeur Xavier, des X-Men, sont compatibles avec la loi Loppsi 2. Ou comment les pouvoirs de Superman peuvent s'accorder avec le Digital Millenium Copyright Act, la loi sur la protection des droits d'auteurs à l'heure numérique ?


De même : Batrman et le commissaire Gordon... Sacrée relation. Sauf que le commissaire est un membre de l'administration américaine et agit au nom du gouvernement. Dans quelle mesure sa collaboration avec le Chevalier Noir ne permettrait pas aux criminels arrêtés de faire valoir une violation de leurs droits civils ? Conclusion improbable, mais vraie : les criminels de Gotham City ont manifestement des avocats complètement incompétents en la matière !

Batman toujours : ce dernier utilise des gadgets développés par Wayne Entreprises. Une société privée. Or, même si Bruce Wayne en est à la tête (oui, Batman et Bruce ne sont qu'une seule et même personne...), d'une part le Département de la Défense trouverait à redire, mais surtout quid du Code de la propriété intellectuelle et des brevets ? Et arguer que ces gadgets servent à protéger les habitants de la ville n'y changerait rien...

Mais ce n'est pas fini : Cyclope dispose, comme d'autre, d'un rayon laser au travers de sa vision (de même que Superman, ou Green Lantern). Or, cette arme, proche de l'arme de destruction massive, va bien au-delà de ce que la législation autorise. Et tout porte à croire que s'il venait à être traîné devant les tribunaux, son super pouvoir serait tout bonnement interdit. Eh oui !

Une fiction qui anticipe la réalité

Ce qui devient fulgurant dans cette affaire, c'est que les réflexions posées avec sérieux, mais sans se prendre au sérieux, préfigurent déjà de procès qui pourraient advenir. La technologie et ses évolutions accorderont nécessairement des 'pouvoirs' aux êtres humains que nous sommes, qui poseront de sérieux soucis aux tribunaux.

Et finalement, il n'est pas (que) déraisonnable de se demander comment la justice traiterait telle ou telle problématique. Law and the multiverse serait alors bien plus qu'une simple blague potache pour initiés.

Des heures de fous rires, à condition de pouvoir lire l'anglais couramment et d'être plutôt calé en droit...