BD numérique : une fracture entre auteurs et éditeurs ?

Clément Solym - 31.03.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - bd - numérique - auteurs


Si le Salon du livre de Paris 2011 a encore réservé une place de choix au développement du livre numérique, peu de réponses ont en revanche été proposées autour des questions contractuelles qui divisent encore auteurs et éditeurs dans le monde de la bande dessinée.

En effet, depuis plusieurs mois, chacun semble camper sur ses positions, ce qui bloque d’autant la percée de ce secteur de la bande dessinée dans l’hexagone. Pour l’instant, auteurs et éditeurs ont trouvé un compromis quant au bon à diffuser ainsi que sur l’exploitation permanente et suivie.

Mais, comme le précise Olivier Jouvray, membre du Syndicat National des Auteurs-Compositeurs (SNAC) à nos confrères de Bodoï, sur les points essentiels, les négociations restent au point mort. Les auteurs souhaiteraient l’établissement d’un contrat pour l’édition numérique distinct de celui pour l’édition papier, avec une durée également différente. Quant à la rémunération, les auteurs voudraient pouvoir renégocier le pourcentage sur le prix de vente, qui s’aligne pour l’instant sur celui mis en place pour le format papier.


Face à cette situation, le SNAC en appelle aux pouvoirs publics pour qu’une médiation puisse s’instaurer entre auteurs et éditeurs, ses derniers semblant vouloir faire cavalier seul.

Pour l’instant, les éditeurs jouent la montre, se retrouvant, de leur côté, au sein de la plateforme Izneo. Cette dernière, sous l’impulsion du groupe Média-Participations, réunit déjà les principaux groupes d’édition de la bande dessinée. Mais, selon nos confrères d’Actua BD, les chiffres de ventes semblent encore très faibles, bien loin des espérances affichées.

Le marché du numérique n’est sans doute pas encore mûr et les acheteurs de bandes dessinées numériques doivent, en plus, posséder des smartphones ou bien encore des tablettes. Cela implique donc un ticket d’entrée assez élevé, bien loin du portrait robot du consommateur de bande dessinée assidu, plutôt jeune, sans encore un pouvoir d’achat élevé.

Le Japon, très en avance dans le domaine numérique au sein de la filière manga, reste un exemple. Mais le marché européen est très différent des pratiques nippones. Et les lecteurs de mangas numériques ne sont pas forcément les lecteurs des versions papier.