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Biscoto, "plus fort que costaud", bouscule la presse jeunesse

Clément Solym - 21.11.2012

Manga/BD/comics - Univers BD - Biscoto - Nicolas Pinet - Charlie Hebdo


 Le secteur de la presse jeunesse n'a rien d'une sinécure, et il ne suffit pas de rouler des mécaniques pour espérer s'y faire une place : heureusement, les arguments de Biscoto sont musclés, et loin d'être en carton. En fait, on parierait plutôt sur du papier... Avec une équipe de 20 dessinateurs jeunes et motivés, Biscoto se la joue sauvage comme une image.

 

 

 

 

Le n°1 du journal Biscoto sera disponible dès janvier prochain en librairie, mais les auteurs ont déjà commencé leur travail de promotion : outre une présentation à la librairie Le Monte en l'Air, une partie de l'équipe se retrouvera au Salon de la Littérature Jeunesse de Montreuil ou sur un stand du off d'Angoulême.

 

Les deux créatrices, Julie Staebler et Suzanne Arhex, se connaissent depuis leurs premières années au sein des Beaux-Arts de Bruxelles : ensemble, elles forment un projet fou, celui d'un journal jeunesse. Le départ de Julie Staebler pour les Arts déco de Strasbourg ne portera pas de coup fatal au projet, bien au contraire : « C'est par nos relations dans ces écoles que nous avons constitué l'équipe. Et puis, il y a aussi des gens sur Internet, que nous n'avons jamais vu mais dont nous apprécions le travail », explique Arhex.

 

Ainsi de Nicolas Pinet, connu aux Arts déco, passé par Charlie Hebdo ou Mauvais Esprit (voir notre actualitté), attiré par le projet grâce au mémoire qu'il avait rédigé sur Capsule Cosmique et Coin-Coin, journal pirate publié dans Picsou Mag, époque dernières belles années. « Je n'ai pas l'impression que ce que je fais pour Charlie Hebdo ou Mauvais Esprit soit foncièrement différent de mes dessins dans Biscoto », tient-il à préciser. « En plus, ce n'est pas du dessin d'actualité, l'humour s'avère finalement plus libre » : pour un 1er numéro sur les sauvages, rien d'étonnant.

 

Francis Saucisson contre l'Âge bête, en feuilleton dans Biscoto

 

« Aux Arts décos, nous avions fait Mars, un vrai fanzine. Ici, nous avons tenu à une qualité professionnelle » explique Pinet : Biscoto entend bien se mesurer aux poids lourds du genre, même en commençant « petit ». Alors que Bayard et Hachette trustent les présentoirs de presse, et que des titres comme Bonbek tapent dans le luxe pour bambins, les créateurs de Biscoto l'ont voulu propre et pas (trop) cher.

 

La diffusion reste pour l'instant limitée en librairie, dans 5 pays tout de même (France, Suisse, Belgique, Canada, Luxembourg), avec un premier tirage à 5000 exemplaires, tout juste remboursé par une subvention de la région Alsace. Pour la suite, les n°2 et 3 sont pratiquement bouclés, avec à peine quelques blancs à remplir pour ce journal au format type Le Monde.

 

D'ailleurs, il paraît que les parents sont invités à lire par-dessus les épaules...