Black Kiss 2 : la suite sulfureuse peine à se faire distribuer

Clément Solym - 05.09.2012

Manga/BD/comics - Comics - erotique - kiss - distribution


Il y a vingt-cinq ans paraissait Black Kiss, thriller lugubre mêlant sexe, violence et occultisme. Une publication assortie de grandes difficultés de distribution, contournées par une vente sous format scellé. Cette année, Howard Chaykin récidive avec une suite aux couvertures qui mêle toujours autant noirceur et lascivité. Entre-temps, la distribution est devenue plus fébrile encore. Les petites tenues, sûrement.

 

 

Commencée il y a un mois, la parution qui s'étalera sur six numéros avait relancé le débat de la luxure sur papier. Mais la polémique pourrait être vite écourtée : édité par Image, Black Kiss II est distribué par le seul et monolithique Diamond Comics, en charge des principaux éditeurs papiers du secteur. Si le premier fascicule avait passé l'ordalie, le second numéro pourrait bien être le dernier, du moins dans plusieurs pays.

 

Ce week-end, le deuxième numéro était évacué des réseaux de distribution au Royaume-Uni. Hier, c'était au tour du Canada d'en faire de même. Moins controversée, la première partie restait dans un champ érotique acceptable, laissant croire à une distribution sereine. Allant un peu trop loin dans la narration de fantasmes, le deuxième s'est retrouvé en infraction avec la loi anglaise. Dans ce volume, l'auteur associe bien trop systématiquement la violence au sexe, rendant le contenu délictueux.

 

Dans une annonce officielle, Diamond explique que « les revendeurs seront avertis que le premier numéro de Black Kiss 2 de Howard Chaykin avait un contenu plutôt explicite en comparaison avec d'autres comics » de son catalogue. Et en tire les conséquences puisque le caractère explicite du second numéro « n'a pas du tout diminué ». Bel euphémisme au vu du récit incriminé. Celui d'un malheureux personnage amputé d'un morceau de son anatomie lors d'un épisode charnel qui évoque : « une divine synthèse de sexe et de mort ». Une synthèse que les douanes de la couronne britannique ne risquent pas de laisser passer.

 

Échaudé par ce deuxième opus qui pourrait violer la loi anglaise et canadienne en matière d'importation, Diamond a décidé de suspendre la diffusion du titre. Autre raison que le distributeur invoque clairement : les conséquences d'une situation litigieuse entraîneraient des retards sur les autres produits distribués. Pourtant, Black Kiss II peut espérer une seconde vie. Au Canada, la tentation est grande de se procurer des exemplaires américains dont le prix est faiblement majoré. Et plus globalement, les restrictions imposées par Diamond n'incluent pas sa diffusion numérique. Le comics a donc des chances de continuer sa route licencieuse sur plateformes.