Boulet signe une première bande dessinée en anglais

Julien Helmlinger - 14.05.2013

Manga/BD/comics - Univers BD - Bande Dessinée - Boulet - Noirness


En cette saison printanière, le jeune auteur français de bande dessinée, Boulet, a mis le cap sur l'Amérique. Il vient d'achever, ce dimanche à Toronto, un mois de tournée dans le cadre de la promotion de son premier livre en anglais et à destination exclusive de ses fans américains. Publié à environ un millier d'exemplaires aux éditions AdHouse Books, sous le titre Noirness, il s'agit d'une adaptation du Ténébreux, concocté au cours des 24h BD du dernier Festival d'Angoulême.

 

 

 

 

Comme le rapporte l'auteur à l'AFP, aucune traduction française du livre n'est programmée. L'idée étant de livrer une édition aussi spéciale que limitée. Sur le millier d'exemplaires tirés lors de cette édition unique, 500 ont déjà été acquis. Un récit sur fond de colocation, dans lequel le protagoniste central ne peut ramener de jeunes femmes à la maison, parce que son colocataire les envoûte toutes avec son charme naturel.

 

S'il est rare pour les artistes BD à la française de parvenir aux étagères du pays des Comics. Boulet a néanmoins eu l'occasion de se faire connaître via son blog anglophone. Sa tournée l'a conduit à New York, Boston, Hanover, Chicago, Washington, Portland et Toronto, pour le Toronto Comics Arts Festival, à la rencontre de ses fans nord-américains, un public averti.

 

L'auteur explique : « Dans les festivals, les gens me connaissaient vraiment. Cela s'explique par le fait que c'était essentiellement un public de dessinateurs. J'ai eu un accueil de la part de la profession locale vraiment incroyable. Beaucoup des exposants étaient des auteurs de web comics qui travaillent dans l'auto-publication et qui connaissaient mon activité sur Internet »

 

Des créateurs américains envieux ?

 

L'occasion pour Boulet de dresser son analyse comparative du milieu de la BD des deux côtés de l'Atlantique. Et selon l'artiste, la bulle se porterait moins bien aux États-Unis qu'à travers l'Hexagone. Prenant l'exemple du Festival de Toronto, il précise : « C'est un très gros festival en Amérique du Nord, et il accueille essentiellement des indépendants, qui font de l'auto-publication. Ce sont des gens qui galèrent un petit peu et qui ont pour la plupart un autre travail à côté. »

 

Selon son ressenti, la production de planches BD aux États-Unis, à la fois industrielle et artisanale, serait plus franchement coupée en deux qu'en France. Si la BD grand public partage les mêmes tables de dédicaces et les mêmes éditeurs que les BD plus indépendantes, chez nous, aux États-Unis en revanche, il y a d'un côté le milieu titanesque du comics superhéroïque, et de l'autre côté les romans graphiques et autres auteurs indépendants et underground.

 

Une situation que peut nous envier les créateurs américains, car comme le confie Boulet : « Dans l'Hexagone, on est plus nombreux, je crois, à pouvoir vivre de notre art. On a beaucoup d'éditeurs et une vieille tradition de la bande dessinée. [...] je sais que beaucoup d'auteurs américains avec qui j'ai parlé aimeraient vraiment être publiés en français. Pour eux, la France représente un endroit où la BD est mieux appréciée, mieux diffusée. »

 

En même temps, les Français seraient également attirés par le Nouveau Monde. Ainsi pour l'auteur publié habituellement chez Delcourt, la rencontre avec les passionnés de la bulle outre-Atlantique était une étape qui s'imposait. Pour autant il explique avoir approché ce nouveau terrain guidé par la passion et le partage, plutôt qu'en l'abordant à la manière d'un VRP. Le plaisir avant tout, parce que c'est aussi ça de vivre de son art.

 

La version concotée lors des 24h de la BD, Le Ténébreux, est en lecture intégrale à cette adresse.