Brest, terre d'accueil pour la bande dessinée, se raconte

Auteur invité - 07.08.2018

Manga/BD/comics - Univers BD - casiers revue BD - bande dessinée Brest


La revue collective Casier[s] est née il y a deux ans. Elle a su capter un lectorat pas forcément féru de BD, mais passionné par une cité en mouvement. Ou comment Brest se raconte en bande dessinée. 



Janfi Demolder et Florent Calvez

 

Qui a dit que Brest manquait de charme ? Sûrement pas Janfi Demolder. Le dessinateur avoue pourtant avoir eu une image réduite de sa ville d’adoption au début de l’aventure de Casier[s]. « L’histoire de Brest, explique-t-il, est tellement riche que même ses habitants n’en connaissent pas toutes les anecdotes. »

Lui-même n’avait jamais vraiment pris le temps d’apprécier le quartier des Capucins en pleine restructuration, par exemple. « En voyant l’ancienne prison de Pontaniou, j’ai repensé à l’un de mes projets au théâtre sur l’univers carcéral. La connexion s’est faite à ce moment-là. » Dans le deuxième et dernier numéro sur les mythologies brestoises, Janfi Demolder signe 154 marches, une tranche de vie dans l’abri Sadi-Carnot où un millier de Brestois et Allemands ont péri en septembre 1944. 
 

Un bel équipage pour se lancer 

 

L’idée de réunir des dessinateurs et des scénaristes pour raconter la cité du Ponant date au moins du début des années quatre-vingt-dix. « Des auteurs ont lancé un fanzine, Le Violon Dingue, puis en 2010 a été publié l’album Brest en bulles suite à une exposition dans les médiathèques » poursuit le directeur de publication Florent Calvez.

En 2014, dans le même esprit, 25 amateurs et professionnels brestois et non-brestois se retrouvent autour d’un projet commun. Casier[s] naît de leurs réflexions. La revue de 160 pages permet aux moins expérimentés d’évoluer grâce aux conseils des anciens.

« Beaucoup d’éditeurs ne font plus ce travail d’accompagnement. Or, produire une BD demande beaucoup de travail, parfois plus qu’un roman. Il faut avoir le sens de la narration et de la lisibilité graphique », explique encore Janfi Demolder. 

 

On crée un rendez-vous d’une année à l’autre 


Josselin Paris, Julien Solé ou encore Briac voguent sur ce navire qui a séduit plus de 4 000 lecteurs entre les deux premiers numéros. « Comme on parle de Brest, de son histoire, de son avenir et de son patrimoine, Casier[s] touche un public qui n’ouvre jamais de bande dessinée », se réjouit Florent Calvez. 




 

Le nom a été proposé par le dessinateur Erwan Le Bot. Il évoque la mer et les cases d’une planche de BD. Quant à la lettre S entre crochets, elle suggère l’ouverture vers d’autres projets. Tout est ouvert pour la suite, comme la publication d’albums d’auteurs en devenir. 
 

Grèves à Brest, en 1950 : “Un homme est mort”
adapté par Arte


Si la publication annuelle a pu se lancer et se développer, c’est grâce aux Rencontres brestoises de la BD « Brest en bulle » (dont la prochaine édition se tient les 22 et 23 septembre) et au financement participatif. Depuis, c’est la maison d’édition sous statut associatif Casier[s] qui est à la manœuvre.

Le troisième tome de Casier[s] sortira à la rentrée et sera disponible en librairie et sur commande sur le site internet au prix de 15 €. Une version dématérialisée sera aussi proposée. 
 

Christophe Pluchon 

 

en partenariat avec Livre et lecture en Bretagne




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