Canardo, une bavure bien baveuse, sur lit de vodka

Clément Solym - 19.10.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - Canardo - Sokal - enquête


Le palmipède le plus en vogue de la BD - bien loin devant Donald Duck - nous revient dans un album évoquant les dérives de la police contemporaine. Enfin, de son contemporain à lui, parce qu'évidemment, toute ressemblance avec des faits, etc.


Canardo, ce sont des cernes permanents, un clope accroché au bec, cet imper dégueulasse et un taux d'alcoolémie régulièrement au dessus de la normale. Impossible de le rater s'il croise votre chemin. Et Sokal met une fois de plus tout le monde d'accord : impossible de se lasser.

 

Une bavure bien baveuse renoue avec le commissaire Garenni, alcoolique fini, qui cette fois a de petits problèmes de dette. Suite à un braquage qui tourne mal, il est accusé d'avoir tiré sur l'inspecteur Molart, jeune recrue promise à un brillant avenir. Un peu trop. Ivre mort en arrivant sur les lieux du braquage de la banque, Garenni aurait finalement dégainé et tiré malencontreusement sur l'inspecteur.

 

 

Conclusion première et facile, dont le Lieutenant Manta préférerait douter. Mais la vie dans la police n'est plus aussi simple : méchants et gentils n'ont plus leur pré carré. Il faut bien s'adapter et vivre dans un monde moderne, avec des lignes blanches si estompées que l'on se rend compte un peu tard les avoir franchies.

 

Canardo enquête donc. Pour sauver la peau de Garenni, ce « bon con », auquel il s'est finalement attaché « avec les années ». Une piste le mènera au Taïga bar et leur spécialité, le Syberiks, cocktail séduisant et équilibré, à base de vodka, curaçao bleu, citron vert, sirop de cannes, coriandre et eau gazeuse. « Après, c'est le coup de main », assure le serveur.

 

Mais quand Molart meurt, manifestement assassiné, Garenni fait une tentative de suicide, et le mouvement s'accélère. La pègre n'est pas loin, et Canardo continue de siroter du Syberiks, avec un oeil sur les truands. Police, mafieux, flics corrompus, juste assez pour éveiller la curiosité du privé.

 

Et rien de plus à ajouter votre honneur : Sokal fait une fois encore un excellent boulot, renouvelant les aventures de son héros, dont les expressions sont toujours frappantes. Humour noir, sexe improblable, coups durs et coups de feu pour un 20e tome très goûtu, fin et racé.

 

De quoi garder la foi... de canard.

 

Le titre est paru chez Casterman.

 

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