Casterman : "Ce n'est pas de gaîté de coeur, toute cette affaire" (Tardi)

Clément Solym - 16.11.2012

Manga/BD/comics - Univers BD - René Tardi - vente de Casterman - Charlotte Gallimard


Parmi les auteurs de Casterman, il en est un qu'Antoine Gallimard n'est pas parvenu à convaincre, malgré les déclarations d'intention du PDG de la maison éponyme. Dans un entretien accordé à Mediapart, Tardi expliquait hier à nos confrères, sans savoir que Charlotte Gallimard était nommée administrateur délégué, ni que Teresa Cremisi prendrait la tête de la maison, que pour lui, la situation est pesante. 

 

 


 

 

Pour Tardi, qui publie ce mois-ci Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, chez Casterman, justement, le rachat est une chienlit, et pour l'heure, les auteurs BD de Casterman sont bel et bien négligés. Mais surtout, l'histoire se répète : en 1999, Flammarion rachetait Casterman, et les informations filtraient au compte-gouttes anémique. Or, six mois plus tard, le groupe était mis en vente, sans aucune information. 

 

« Alors, nous avons convoqué Flammarion. On a posé des questions, on nous a répondu que des bruits mensongers et monstrueux circulaient, on ne savait pas d'où ça venait. Et Flammarion a bien été vendu, aux Italiens, à Rizzoli (octobre 2000) », se souvient Tardi. 

 

Un parallèle troublant, puisque dans ses déclarations, Antoine Gallimard avait expliqué qu'il serait possible de vendre Casterman, et ce, peu après avoir racheté le groupe Flammarion. Depuis le début de la semaine, le PDG a plusieurs fois eu l'occasion de revenir sur cette déclaration malheureuse, assurant qu'il n'avait aucunement l'intention de céder le groupe BD. Mieux : le rachat de Flammarion s'était fait avec dans l'idée de « conforter la place de Casterman, et donc celle de ses auteurs, parmi les éditeurs de bandes dessinées ».

 

Et Tardi est furibard : « On nous dit de ne pas nous en occuper, que ce n'est pas notre fric. Mais c'est quand même nous qui fournissons la matière première. Et nous n'avons pas accès à la moindre information, nous n'avons pas la possibilité de donner notre avis, d'intervenir parce qu'effectivement ce n'est pas notre fric, mais c'est avec notre travail que cet argent s'entasse sur des comptes en banque de sociétés. »

 

Au moment de la vente de Flammarion à l'Italien RCS Media Group, Tardi avait quitté le navire, et proposé ses ouvrages chez Futuropolis, après rachat de ses contrats. Revendiquant sa fidélité, comme une vertu : « Il ne faut pas le faire, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Je n'en ai jamais éprouvé le besoin, mais je me dis que c'est peut-être ce qu'il faut faire… Sinon, votre éditeur s'en fiche. Là, je ne sais pas ce qui va se passer, mais si tout le monde se tire, la boîte n'existe plus.  »

 

 « Je ne vois pas l'édition de cette manière, et nous sommes tous d'accord sur ce point. L'aspect humain est primordial », expliquait  Enki Bilal à ActuaLitté. De même, Tardi est concerné par l'humain pense que quitter la barque de nouveau n'est pas impensable. Mais le côté humain reste, et des gens sont en jeu, comme il le dit. Alors, « ce n'est pas de gaîté de coeur, toute cette affaire », 

  

 


Jacques Tardi - La lettre ouverte à Antoine... par Mediapart

 

 




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