Casterman raciste ? Ridicule, 'quand on connaît la nature du catalogue'

Clément Solym - 02.03.2012

Manga/BD/comics - Univers BD - Tintin au Congo - racisme - plainte


Exclusif ActuaLitté : Sollicité au sortir d'un rendez-vous avec les éditions Casterman, Louis-Georges Tin, président du CRAN avait raconté à ActuaLitté son entretien. Pas particulièrement convaincu, « mitigé » voire « déçu », ce dernier avait déploré un certain manque de conviction de la part de Louis Delas, directeur général de Casterman.

 

Le fonds du problème reste bien évidemment Tintin au Congo, la BD de Hergé contre laquelle Bienvenu Mbutu Mondondo a lancé une série de procédures judiciaires en France, comme en Belgique, pour tenter, sinon de faire interdire le titre à la vente, du moins, d'obtenir qu'un avertissement liminaire soit inséré dans la BD.

 

 

 

« Lui-même [Louis, Delas, NdR] est favorable à l'insertion de cette préface, mais il estime qu'il n'a aucun moyen de pression juridique sur Moulinsart », nous expliquait le président du CRAN, déplorant que le le directeur général semble ne pas comprendre « ce qui choque dans cette bande dessinée ». (voir notre actualitté)

 

Suite à cet article, et le communiqué de presse du CRAN qui s'en est suivi, les éditions Casterman ont diffusé un communiqué de presse pour faire valoir leur position.

 

 

Le voici reproduit dans son intégralité.

 

Les Editions Casterman ont pris connaissance avec surprise du communiqué publié par le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) qui fait suite à une rencontre cordiale qui a eu lieu mardi 28 février entre le Président du CRAN, Louis-Georges Tin, et le Directeur Général des Editions Casterman, Louis Delas.

 

Les Editions Casterman s'offusquent des propos tendancieux tenus à l'égard de leur Directeur General et réaffirment, s'il en était besoin, leurs convictions antiracistes d'ailleurs clairement traduites par nombre de leurs publications, ainsi que leur fierté d'être l'éditeur de l'œuvre d'Hergé.

 

Les Editions Casterman tiennent à rappeler que la justice Belge a débouté Monsieur Mbutu Mondondo et le CRAN de leur demande d'interdiction de l'album Tintin au Congo pour atteinte à la loi belge antiracisme.

 

Elles sont néanmoins disposées à envisager, en concertation avec les ayants droit d'Hergé, une communication particulière destinée à contextualiser les premiers albums des aventures de Tintin. (Tintin au Congo a été publie en 1931).

 

Les Editions Casterman se refusent en revanche à donner suite à la demande renouvelée du CRAN de retirer cet album de la vente. 



(article publié originellement le 1er mars, à 21h05)

 

Mise à jour du 2 mars, à 18h40 :

 

« Ces accusations sont ridicules quand on connaît la nature du catalogue de Casterman, avec Tardi, Hugo Pratt, Bilal, Ferrandez et tant d'autres. C'est un non-sens » , a expliqué Louis Delas, directeur général de Casterman. « Je ne pense pas que cela soit de nature à faire avancer intelligemment le dossier », a précisé Louis Delas à l'AFP, qui ajoute être fier d'être l'éditeur de Tintin et d'Hergé.

 

« Les modalités sont à définir avec les ayants droit. Il y a plein d'approches possibles », et de conseiller au président du CRAN, M. Tin « d'aller voir les ayants droit, ce qu'il n'a jamais fait ».


En parallèle, le président du CRAN, Louis-Georges Tin,  a également apporté quelquues précisions, sur cette entrevue avec le directeur général.  Ainsi, « M. Delas a finalement affirmé qu'il demanderait à Moulinsart, la société qui possède les droits de Hergé, d'intégrer cette préface, mais on le sait, Moulinsart s'y refuse depuis plusieurs années. Et M. Delas refuse de conditionner la vente de l'ouvrage à l'insertion de cette préface, ce qui serait un moyen de pression très efficace.


Bref, M. Delas est peut-être gêné par l'affaire Tintin au Congo, mais pas au point de retirer l'oeuvre de son catalogue, ce qu'il pourrait faire, s'il le voulait. Mais il ne le veut pas », regrette M. Tin. 

 

L'affaire n'en restera cependant pas à ce niveau, car, déçu de cette rencontre infructueuse, estime le président de l'association, « le CRAN se voit au regret de confirmer sa démarche judiciaire, avec M. Bienvenu Mbutu Mondondo, pour faire appel de la décision du tribunal belge ».