Censure chez les Flamands : Kamagurka solidaire de Schuiten et Peeters

Nicolas Gary - 18.05.2013

Manga/BD/comics - Univers BD - François Schuiten - Benoît Peeters - censure


Le président du Parlement flamand, Jan Peumans, doit commencer à sentir un vent mauvais lui revenir aux narines. Depuis deux jours, la décision d'altérer une planche de Schuiten et Peeters, présentée dans le cadre d'une exposition au Parlement, fait jaser. Au prétexte que le texte de la planche était en français, le président Peumans l'a tout simplement fait disparaître. Colère des uns, dépit des autres... et maintenant, solidarité. 

 

 

 

 

Revendiquant une force de la langue néerlandaise en Belgique, le président du Parlement flamand, et leader de la Nouvelle alliance flamande attire la colère des auteurs et de leur éditeur Casterman. « Le gouvernement flamand paie les commissaires de l'exposition 10.000 euros pour remplir leur rôle, est-ce trop demander de choisir une planche sans phylactère en français ? » interrogeait son porte-parole, pour justifier la décision. 

 

Malheur, rétorquent les éditions Casterman : ayant publié l'album L'enfant penchée en français et en néerlandais, il était tout à fait possible que l'on présente une planche avec un texte respectant les exigences de l'exposition. En outre, la maison déplore « l'utilisation abusive d'une oeuvre originale de deux de [leurs] auteurs ».

 

Benoît Peeters, le scénariste, expliquait hier à ActuaLitté : « Mais la classe politique de ce petit pays donne un spectacle affligeant. Et ceux qui le qualifient de surréaliste se trompent du tout au tour. Le surréalisme, celui d'André Breton comme celui de Magritte et Delvaux, a toujours su passer les frontières. Ne le rabaissons pas en le comparant, comme trop souvent, aux méandres administratifs ou à des mesquineries comme celle dont nous venons d'être les victimes, François Schuiten et moi-même. »

 

Voilà pour le contexte, qui a motivé le comédien et artiste Luc Zeebroek, plus connu en tant que Kamagurka, à s'adresser directement au président du Parlement, Jan Peumans, dans une langue, certes néerlandaise, mais surtout très contrariée. 

 

 

 

Le tout avec un jeu de mots assez difficile à traduire, Peumans faisant allusion au nom du président du Parlement, et que l'on traduirait par « J'en ai un peu marre mec », selon RTBF. Le reste est très facile à deviner : « Je retire mon oeuvre qui est exposée au Parlement flamand. »

 

Si Jan Peumans s'est défendu de toute forme de censure explicite, il n'en a pas moins profité de l'occasion pour rappeler son engagement en faveur de la langue néerlandaise, contre le français.