Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Certains l'aiment noir : les contes de la crypte, version Foerster

Florent D. - 08.02.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - Philippe Foerster - intégrale - contes morbides


Chers amis, la messe est dite : levez-vous, clamez son nom, Foerster Salvator Mundi. C'est Son Retour, l'insoutenable et sinistre intégrale tant attendue. Et que Son Nom soit scandé, même s'il ne s'y prête pas vraiment. Que Son Oeuvre, en 11 tomes, tous disponibles chez Fluide Glacial, soit Bénie. Philippe Foerster revient, mieux que la Parousie du Christ. Le Jugement dernier est proche : autant se payer une bonne tranche de frissons grinçants, en noir et blanc. Chantez avec moi !

 

 

 

 

Gloire, Gloire, Gloire à Fluide Glacial qui nous offre le bonheur de retrouver dans une édition complète et choisie des méfaits de la bête Foerster. Cet apôtre de l'humour noir, qui entre 1982 et 1998 a régalé le public de ses albums peuplés de créatures atrophiées, de visages brisés et de corps grotesque, nous revient pour le Dies Irae - que l'on ne doit cependant pas attendre avant le 19 février en librairie, hélas.

 

 

 

 

Foerster, je vous aime. Philippe, je t'aime.

 

Toi et tes scénarios montés comme des quintessences de contes morbides et effrayants, des saynètes qui en quelques pages vous collent des frissons tout le long de l'échine.... Vous avez fait le bonheur de mon enfance - dès lors que mes parents ont accepté que je me cache dans ma chambre pour lire ces horreurs.

 

Ces dessins en aplats noirs, qui ne vont pas sans évoquer les Contes de la crypte, mais en tellement mieux. Ils plongent dans des mondes où les êtres sont diaboliques, et s'agitent dans une danse macabre où l'on virevolte au son des trompettes avant d'être englouti dans les abîmes de la folie, et des pires cauchemars possibles. 

 

Abjection, abomination, écœurement, répulsion : rien n'est jamais assez fort pour saisir ton lecteur, cher Philippe, qui une fois l'histoire achevée, en redemande avec une délectation de frayeur mêlée. 

 

Et je maudis ceux qui, lorsqu'à l'abri des portes du collège, comme je montrai tes trésors de noir et de blanc, tes personnages difformes et torturés, ne trouvèrent rien de mieux que de rire de ces lectures pourtant saines et indispensables. Je le sais, ce jour du Jugement Dernier qu'apportera la publication de ce recueil, toujours chez Fluide, marquera celui de mon avènement, et dans le même temps, je leur souhaiterai bon séjour en Enfer, les bougres.

 

 

 

 

Tout acte sera jugé au trébuchet des crimes anciens, et de m'être délecté de la noirceur où tu nous égares, m'assurera sans nul doute une place de choix au pied du trône que tu finiras bien par occuper, après avoir délogé l'actuel titulaire de la chaire.

 

Cher Philippe, le Royaume des Cieux t'appartient, après avoir régné sur celui du noir et blanc.

 

Tu me pardonneras sans peine d'avoir  puisé dans les ressources du net, pour exposer au lecteur de passage, celui dont le salut de l'âme passera par la lecture de Tes Evangiles, à retrouver dans une édition canonique baptisée Certains l'aiment noir, je le rappelle, disponible à compter du 19 février.

 

 

 

 

C'est de l'onirique sordide à portée de main, c'est le dégoût et la malsaine fascination, c'est l'exercice du funambule, à zigzaguer entre les cases, sans perdre ni la tête, ni les yeux, qui s'arrachent si facilementou parfois s'émancipent. Et de préférence, ne pas ouvrir la porte. Surtout, ne pas ouvrir la porte.

 

Plus rien n'est rassurant dans ces mondes, où les villes peuvent devenir des ogresses à tout instant.

 

Merci, Philippe.