Charlie Adlard, Comics Laureate : “Je serai soulagé après The Walking Dead”

Antoine Oury - 11.04.2018

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À la Foire du Livre de Londres, Charlie Adlard superpose les casquettes : désigné Comics Laureate du Royaume-Uni, la charge lui revient de défendre la bande dessinée, son importance culturelle et artistique. Le salon professionnel l’a également nommé Crossmedia Author of the Fair, un titre qui rend honneur à l’exploitation multiple de son œuvre la plus connue, The Walking Dead, cosignée avec Robert Kirkman. 


London Book Fair 2018
Charlie Adlard (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Il prêche des convertis, à la Foire du Livre de Londres, mais Charlie Adlard n’hésite pas à renvoyer le message : « En tant que Comics Laureate, j’essaye aussi de dire aux gens que la bande dessinée peut être utilisée pour promouvoir la lecture auprès des gens qui ont du mal à s’y mettre », explique-t-il. Des lecteurs empêchés, comme les personnes dyslexiques, pourront aussi, parfois, y trouver leur compte : Adlard parle d’expérience, puisque son fils le plus âgé, dyslexique, trouve dans la bande dessinée l’essentiel de ses lectures. Et oui, il lit The Walking Dead.

Outre ce rôle de promoteur, il y a celui de défenseur, pour protéger un genre bien souvent l’objet de critiques, qui lui refusent une place au côté de la littérature. Ainsi, ne parlez pas de graphic novel, ou roman graphique, pour qualifier The Walking Dead. « C’est un terme apparu dans les années 1980, au moment où les bandes dessinées avaient de plus en plus de lecteurs pour dire que tel titre était “adulte”. Mais les bandes dessinées touchent tout le monde, enfants comme adultes », martèle Charlie Adlard. 

D’ailleurs, évitez de mettre The Walking Dead entre des mains trop innocentes... La bande dessinée fut créée en 2003 par Robert Kirkman et dessinée par Tony Moore, avant que Charlie Adlard n’assure les dessins, dès le numéro 7 de la série. Aujourd’hui, The Walking Dead, la série télévisée, a largement dépassé la popularité de la bande dessinée.

Pourtant, Adlard préfère dessiner : « Être à la source de ces productions, la série TV, les jeux vidéo, est la meilleure place possible : la série tire son inspiration de notre travail, pas l’inverse. Ce n’est pas comme Game of Thrones, qui a dépassé les romans de Martin : Robert fait le nécessaire pour que cela n’arrive pas. J’aurais pu travailler sur la série, mais cela ne m’a pas emballé. Et puis, je fais un peu les storyboards pour eux avec la bande dessinée, finalement. »

Charlie Adlard a connu l’envers du décor : au milieu des années 1990, il a participé à la bande dessinée adaptée de la série X-Files : « J’ai travaillé deux ans sur la bande dessinée, au moment où la série était à son apogée, et la BD prenait de l’ampleur aussi : à cette époque, je travaillais pratiquement à la commande pour les différentes sociétés de production. »
 

D’Astérix et Tintin à 2000 AD


Un travail inféodé à des desiderata qui ne sied pas à Adlard : il a fait ses premières armes dans le magazine britannique culte 2000 AD. Après des études en école de cinéma et d’audiovisuel — « parce qu’il n’y avait pas d’école de BD » — et la création d’un groupe de rock éphémère à Londres, Charlie Adlard retourne chez ses parents pour revenir à son premier amour, la bande dessinée. Il se constitue un portfolio et apparaît dans 2000 AD à la fin des années 1980, « au moment où les éditeurs américains venaient chercher des artistes au Royaume-Uni ».

Adlard décrit le succès de The Walking Dead comme « un drôle d’accident ». Il raconte sa rencontre avec la bande dessinée comme un mélange des super-héros Marvel, découvert dans The Mighty World of Marvel au début des années 1970, à l’âge de 6 ans, et... d’Astérix et Tintin. « À peu près à la même époque, mon père allait dans une station-service où il était possible d’avoir un livre Astérix contre un plein d’essence. Cela m’a permis de découvrir la BD franco-belge. »
 

Invincible, de Robert Kirkman, entre les mains
de Seth Rogen et Evan Goldberg


La petite bande dessinée qu’était The Walking Dead a pris de l’ampleur, et le rythme est devenu routinier entre Kirkman et Adlard, qui se parlent « une fois par mois, environ, au téléphone, en plus des messages et des emails ». À l’avenir, car The Walking Dead aura une fin, promet Adlard, l’auteur veut « travailler sur d’autres titres personnels : l’argent n’est plus un problème, et je ne veux pas travailler pour quelqu’un. Je vais travailler avec des éditeurs français », confie Adlard. Notamment Delcourt, éditeur français de The Walking Dead, qui publiera chez Soleil Vampire State Building, une série écrite par des auteurs français.
 


Adlard ne cache d’ailleurs pas son envie de travailler à un autre rythme : « Avec The Walking Dead, il faut sans cesse faire des compromis avec les dessins, car le temps manque. Je serai soulagé après The Walking Dead, quand il sera possible de prendre mon temps et de passer plusieurs jours sur une page, si besoin. Je suis très stressé quand je travaille sur The Walking Dead. »
 


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