Cité de la BD : Spiegelman, Trondheim et Vivès en appellent à Fleur Pellerin

Antoine Oury - 18.09.2014

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En juin dernier, l'ancien directeur de la Cité de la BD d'Angoulême, Gilles Ciment, se voyait démis de ses fonctions par Michel Boutant, président du conseil général de Charente. Un licenciement « totalement indigne », fortement contesté par l'intéressé, qui pointe également des irrégularités dans son statut, le privant depuis juin d'indemnités. Une réunion de conciliation, prévue le 17 septembre dernier, a été annulée.

 

 

Cité de la BD d'Angoulême 2014

La Cité de la BD d'Angoulême (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

L'ancien directeur de la Cité de la BD a décidé de se pourvoir en cassation après le rejet de sa requête en référé par le tribunal administratif de Poitiers. Entre temps, une réunion de conciliation était prévue avec le président du conseil général de Charente, Michel Boutant, mais elle a été annulée, nous informe Gilles Ciment.

 

« Je ne suis même pas sûr que Michel Boutant souhaitait être présent à cette réunion, mais c'est le directeur général des services du Conseil général, Bernard Rigaud, qui assure l'intérim de la direction de la Cité de la BD, qui m'a informé de cette annulation, au motif des déclarations que j'avais pu faire à la presse », explique Gilles Ciment.

 

L'ex-directeur de la Cité de la BD conteste les conditions de son licenciement : « En effet, comme je l'avais exposé et justifié avec nombre de pièces produites, une délibération du 25 juillet 2013 affirme clairement que je suis reconduit pour trois ans à compter du 1er décembre 2013. Comme on peut le lire, il y est clairement indiqué : "M. Gilles Ciment est reconduit au poste de directeur de la Cité." », expliquait-il à ActuaLitté.

 

Gilles Ciment avait alors poursuivi ses activités en tant que directeur de la Cité de la BD, et avait notamment rendu un addendum à son projet pour la Cité, dans l'attente de la lettre de mission qui devait lui être remise par le Conseil d'Administration de la Cité. Il s'interroge ainsi sur les conditions de son départ, mais aussi sur le statut qui était le sien dans la période où il a continué d'exercer ses activités de directeur de la Cité.

 

Bernard Rigaud, contacté par ActuaLitté, n'a pas souhaité commenter plus longuement l'annulation de la réunion et les conditions du départ de Gilles Ciment : « Michel Boutant a soutenu Gilles Ciment contre le monde entier pendant des mois, voire des années. Ce qu'il a dit n'est pas acceptable. Entrer en conciliation, ça paraît difficile après de tels propos », a-t-il expliqué au journal Sud-Ouest. Gilles Ciment, de son côté, assure qu'il souhaite toujours la mise en place d'une telle réunion, et « préfère toujours une conciliation à un procès. Un mauvais accord vaut mieux qu'un bon procès, comme on dit ».

 

Une pétition de soutien qui réunit les grands noms de la BD

 

La médiatisation de l'affaire a conduit certains, auteurs, éditeurs ou bibliothécaires, souvent visiteurs de la Cité de la BD, à mettre en ligne et signer une pétition demandant à la ministre de la Culture Fleur Pellerin « de maintenir ou rétablir Gilles Ciment dans ses droits et de lui assurer un avenir digne de ses réalisations passées, tout en veillant à celui de la Cité ».

 

Quelques grands noms du 9e art, dont Art Spiegelman, Lewis Trondheim, Bastin Vivès ou Emmanuel Guibert ont ajouté leur signature aux 498 réunies pour le moment. La pétition a été mise en ligne le 16 septembre, et invite le ministère à intervenir. Le précédent, celui d'Aurélie Filippetti, ne s'était pas soucié des ennuis récurrents de la Cité de la BD, notamment avec l'organisation du Festival d'Angoulême. « Il y avait visiblement un souci de ne pas se mêler d'affaires locales », juge Gilles Ciment.

 

Mise à jour 12h45 : Par mail, Gilles Ciment a tenu à répondre à la déclaration de Bernard Rigaud dans Sud-Ouest : « Je reconnais et salue bien entendu le soutien indéfectible de Michel Boutant, pendant près de six ans, à la Cité et à son directeur, et que c'est bien pour cela que je ne m'explique pas son soudain changement d'attitude, dont la brutalité m'a autant surpris que heurté. Je ne vois pas en quoi dire cette vérité serait un obstacle à des discussions constructives pour sortir de cette crise. »