Comics : l'éditeur BOOM! veut faire exploser les stéréotypes

Antoine Oury - 30.01.2015

Manga/BD/comics - Comics - Push Comics Forward BOOM! - industrie stéréotypes - bande dessinée Ross Richie


Au moment où la France fait état d'un énième retour d'Astérix pour la fin d'année 2015, et où les super-héros Marvel ou DC deviennent les principaux porte-paroles de la production américaine, l'éditeur américain BOOM ! Studios a mis en place une campagne web, #comicsforward. Il invite les auteurs, dessinateurs, éditeurs et diffuseurs à se mobiliser pour faire évoluer le médium, pour plus de diversité.

 


 

 

BOOM ! Studios a été créé en juin 2005, par Ross Richie et Andrew Cosby, et s'est taillé une place honorable dans l'industrie américaine du comics. La ligne éditoriale de la maison est plutôt variée, même si certains de ses titres vont lorgner du côté des super-héros, notamment avec les séries Irredeemable de Mark Waid et Suicide Risk de Mike Carey, ou vers les licences, avec le film La Planète des Singes, par exemple.

 

Ross Richie, le cofondateur de la maison, vient de s'engager à améliorer la diversité des publications de la maison d'édition : « Le médium des comics n'a jamais eu autant d'influence sur la pop culture », explique-t-il, « et, en tant qu'adeptes de cet art, nous avons une opportunité rare de porter cet intérêt à un autre niveau, et de capter l'attention d'un tout nouveau public, qui n'est pas familier avec les comics ». À toutes fins utiles, rappelons que le terme « comics » couvre bien tout le champ de la bande dessinée aux États-Unis.

 

BOOM ! a donc pris l'initiative de lancer une campagne web, essentiellement sur les réseaux sociaux, pour porter ses objectifs à l'attention du grand public et des autres acteurs de l'industrie, sous le hashtag #comicsforward. La campagne sert aussi les intérêts de la maison, puisque ses premiers titres de l'année portent évidemment le label « diversité ».

 

Mais l'intention est là, et la cause est pertinente : l'industrie du comics des États-Unis a vu passer plusieurs polémiques l'année dernière, rappelle le Hollywood Reporter, dont la Spider-Woman de Milo Manara, et un nombre de personnages féminins estimé autour de 30 % des nouveaux super-héros de Marvel et DC Comics.

 

En France, la question est elle aussi évoquée, sous un angle différent de celui des ethnies ou des sexes dans les bandes dessinées. Une récente étude de KPMG estimait ainsi qu'une logique de best-sellerisation était à l'œuvre dans l'industrie, et expliquait la rentabilité du secteur, parvenue à 13,8 % en 2013, contre 4,9 % en 2010, principalement poussée par les gros succès et les grands titres. 

 

Astérix, Blake et Mortimer, Le Chat, Blacksad, XIII, Boule et Bill... Les têtes des ventes sont assez révélatrices, avec des personnages plutôt vieux, et qui n'ont en tout cas rien d'inédit. Si la couverture médiatique de la production a certainement des effets sur les meilleures ventes, les investissements et le circuit de la distribution n'y sont pas non plus étrangers...