PORTRAIT – Pas facile de se faire un nom quand on s’appelle David François. À 35 ans, le dessinateur amiénois a pourtant réussi à imposer rapidement son patronyme papal dans le milieu de la BD. Avec quelques 14 000 exemplaires vendus de De briques et de sang, son deuxième album, l’artiste a également rencontré très tôt le succès public. De quoi envisager l’avenir sereinement tout en continuant à cultiver l’exigence et la rigueur qui le font avancer depuis ses débuts. 



 


« Gros consommateur de BD », l’adolescent David François écume les bibliothèques avec passion. À 14 ans, il sait qu’il veut faire de la BD son métier. Reste à trouver le chemin pour y parvenir. À ce sujet, sa fiche Wikipédia indique sommairement : « David François obtient un bac scientifique avant de s’inscrire en école d’art. Il n’y reste que peu de temps avant de se lancer de façon autodidacte dans la BD. » 

Par chance, Amiens est un milieu fertile pour un dessinateur débutant. Le microcosme artistique qui gravite autour de l’association On a marché sur la bulle, organisatrice des Rendez-vous de la BD, favorise les rencontres. Et puis un libraire de la ville le met en contact avec Régis Hautière, jeune scénariste en quête d’un dessinateur pour donner vie à ses histoires. 

 

Exploration et défis, sans complexes


Ils publient ensemble L’étrange affaire des corps sans vie en 2006 puis quatre ans plus tard, De briques et de sang, un polar dont l’intrigue se déroule au Familistère de Guise. Loin de se laisser impressionner par ce décor monumental, David François voit au contraire dans le projet une nouvelle opportunité d’apprendre.

Il modélise alors en 3D les principaux bâtiments et travaille d’arrache-pied pour respecter les proportions de son dessin de page en page. Bien plus qu’une simple reconstitution historique, le résultat est un huis clos oppressant qui donne à ressentir l’atmosphère si particulière de ce « palais social » sur fond de drame familial. 
 

L’album suivant est un défi d’un autre genre. Il veut se confronter à un symbole de la culture populaire, à l’archétype de la ville dans l’imaginaire collectif, New York. « On a vu tellement de films, de séries télé, depuis qu’on est gamin. Je voulais inscrire mon dessin dans cet univers-là. »

Pour ce faire, il demande à Régis Hautière un scénario qui immergerait le lecteur dans l’ambiance du New York des années 30, « une histoire d’amour où il ne se passe rien, avec un immigré qui parle peu et une maison close avec des freaks  ». Ainsi naissent les deux tomes de L’homme de joie, dans lesquels il multiplie les points de vue avec brio, depuis les sommets lumineux des gratte-ciels en construction jusqu’aux bas-fonds obscurs de la prohibition.



 

On y retrouve ses personnages aux gueules abîmées par la vie, aux trognes étranges marquées par l’influence de Lautrec, Daumier ou Grosz. « Montrer le réel, ce n’est pas être parfaitement raccord avec la réalité dans laquelle on vit, c’est donner aux gens sa propre vision du monde. » Quel visage aura donc Chaplin dont il s’apprête à réaliser le biopic en trois tomes pour l’éditeur Rue de Sèvres ? On a hâte de le découvrir. 

 

Clothilde Deparday 

 

en partenariat avec l'AR2L Hauts de France

   


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.