Du manga japonais en Inde, grâce à l'éditeur américain Vertical

Nicolas Gary - 15.02.2013

Manga/BD/comics - Univers Manga - Vertical - manga - Inde


Le marché du livre indien semble définitivement l'un des plus convoités. Ainsi la société Vertical Inc., et son directeur marketing, Ed Chavez, venus pour la 3e conférence autour de la BD indienne promettent des nouveautés sous peu. « Nous serons en Inde, avec des mangas, très rapidement », déclare-t-il plein d'entrain et d'allant. 

 

 

 

 

 Parler de manga et de création japonaise en Inde n'est pas évident. Et moins encore, de se dire que c'est par le biais d'une société américaine que la distribution va s'organiser. « Les premières négociations avec des éditeurs sont en cours », assure-t-il. Et avec un peu d'assurance, parce que sa société a lancé en 2003 une première série, Buddha, au travers de Vertical, la maison d'édition.

 

Et depuis, l'éditeur est devenu la plaque incontournable en matière de manga, Seinen, mais également Jōsei. Le premier, c'est un genre pour les hommes, le second, pour les femmes. 

 

« Au Japon, les mangas sont aussi populaires que les films peuvent l'être aux États-Unis. L'essence de la BD indienne tire ses origines de la mythologie du pays. Mais les mangas japonais sont principalement liés aux activités quotidiennes des gens. Cela peut verser dans l'anticipation ou la science-fiction », explique Chavez, cité par l'Hindustan Times.

 

D'ailleurs, entre les deux mondes, des passerelles de plus en plus fréquentes sont jetées, avec des adaptations qui n'en finissent plus : Spiderman, Batman, Superman et autres X-Men... la liste est longue, avec des problématiques juridiques que l'on connaît, notamment dans le cas de Superman. Mais pour Chavez, la multiplication de ces passerelles pervertit progressivement l'esprit original des comics, et plus encore, supprime l'âme qui pouvait donner vie aux personnages dans les comics.

 

« Je suis une personne qui préfère les comics. J'aime les lire. Je ne partage pas trop l'idée d'en faire des films. J'apprécie de lire et de regarder des films, mais les films ne rendent souvent pas justice aux personnages. » Cruel, puisque ces mêmes personnages sont souvent des justiciers - mais rarement aussi tranchés que ce que les studios hollywoodiens en font.

 

À l'occasion de la Comic Con de New Delhi, Manga Comics a eu l'occasion de présenter son catalogue et de sensibiliser un vaste public. « C'est une excellente occasion pour rendre la marque de plus en plus populaire et d'augmenter notre activité », conclut-il. 

 

Pour les éditeurs français, l'enjeu est également important que de conquérir ce paysage. Mais leurs homologues indiens ont un premier défi à relever : faire paraître les ouvrages indiens dans les 22 langues qui coexistent dans ce gigantesque pays. Alors, ajouter encore la traduction d'œuvres étrangères n'est pas la priorité de ces éditeurs.

 

Pourtant, quelques éditeurs français tentent de percer en proposant des ouvrages d'auteurs plusieurs fois primés et internationalement reconnus. Mais, ce qui séduit le plus les éditeurs indiens, c'est encore quand on essaie de leur vendre des livres étrangers…qui parlent de l'Inde ! Ainsi du roman Dans la ville d'or et d'argent (Robert Laffont) de Kenizé Mourad qui vient d'être traduit en anglais.