Élu président du groupe BD au SNE, Moïse Kissous remplace Guy Delcourt

Nicolas Gary - 16.01.2018

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Le président de Steinkis Groupe, Moïse Kissous, prendra la suite de Guy Delcourt au poste de président du groupe BD au Syndicat national de l’édition. Le président du groupe éponyme avait été élu le 13 janvier 2015 et après trois années de loyaux services, cède donc sa place. Premier rendez-vous au programme, dans le calendrier du nouveau président, le FIBD à Angoulême.



Moïse Kissous
 

 

Le 45e Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, ouvrira ses portes du 25 au 28 janvier 2018, et sera donc le premier grand rendez-vous pour Moïse Kissous. Lui-même avait initié voilà quelques années les 48 H BD, un rendez-vous devenu incontournable dans les librairies. 

 

Lancé en 2013, cette opération visait alors à la promotion de 8 titres, vendus à 1 €. « L’objectif était de créer du trafic dans les librairies, et de faire découvrir des œuvres, pas de chercher à vendre des albums. Nous avions une sélection diversifiée, pour que le grand public s’intéresse un peu plus au secteur, ou du moins, soit sensibilisé. C’est toujours agréable de recevoir un cadeau, me semble-t-il », expliquait-il à ActuaLitté.  Cette année, la manifestation se déroulera les 6 et 7 avril, avec 230.000 albums qui seront proposés pour 2 €.

 

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Le groupe bande dessinée dont il prend la présidence a quant à lui pour objectif d’assurer la promotion de toute la diversité du secteur. Mais également de maintenir des échanges avec les auteurs, « les sociétés organisatrices des grands festivals de Bande dessinée (dont le Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême) et avec les centres régionaux de lecture », explique le SNE.
 

USA, Angoulême et librairies dans les tuyaux


Au cours des deux précédents mandats, deux grandes actions ont été menées. Quand Philippe Osterman a pris a tête du groupe en juin 2012, après Louis Delas (alors à Casterman), ce fut le lancement de la promotion de la BD franco-belge aux États-Unis et les multiples actions qui en ont découlé. Cela s’est concrétisé avec la création de la French Comics Association, montée en janvier 2016 et dédiée à la promotion de la bande dessinée franco-belge à l’étranger. 

 

« À ce jour, les ventes de droits augmentent auprès des éditeurs américains. La progression est évidente, même si ce n’est pas une lame de fond : il est difficile d’ouvrir grand les portes des USA », commente Moïse Kissous à ActuaLitté. 

 

Guy Delcourt, de son côté, avait notamment travaillé avec toutes les parties prenantes de la manifestation d’Angoulême. Certes, une nouvelle association a été montée pour structurer l’événement – tentant de clarifier la situation opaque précédemment en cours. Mais l’on ne mesurera l’impact de cet acteur que dans les années qui viennent. « Pour le groupe BD, il faudra conforter ce qui a été réalisé : réfléchir à ce que l’on fait de ce festival pour qu’il grandisse », poursuit le président du groupe BD SNE.

 

S’inscrivant évidemment dans la continuité de ses prédécesseurs, Moïse Kissous porte également quelques projets personnels, dont les premières pierres ont pu être posées. « Cela passe par la présence de la BD dans les librairies généralistes, d’une part, et d’autre part, les liens avec le secteur scolaire », nous précise-t-il. 

 

La représentativité du secteur BD à développer
 

Le premier point découle de données factuelles simples : la BD représente 15 % de l’activité en librairie en 2017 – à mettre en regard des 28 % de la littérature générale. « Nous étions sur un rapport de un pour trois voilà 10 ans, et nous sommes à un pour deux aujourd’hui », relève Moïse Kissous. Et pourtant, interroge-t-il, « est-ce que l’espace dévolu à la présence physique de BD est représentatif de cette réalité » ?

 

Difficile de pousser les murs dans les librairies, mais le secteur est particulièrement dynamiques – à l’instar de la littérature jeunesse – et « mérite une meilleure place ». D’autant que la diversification des sujets abordés, des nouveaux auteurs autant que de ceux reconnus, « tout un chacun a contribué à renouveler l’expression à travers ce média ». 

 

On pourra également se référer à l’étude présentée en octobre dernier : « Le lecteur de BD achète plus que celui de littérature générale. Peut-être faut-il rappeler ce type d’informations – et par conséquent réfléchir à la formation des libraires dans le domaine spécifique de la bande dessinée ? » Le prix d’un roman grand format représente également celui de deux BD, peu ou prou, et ceci expliquant cela.

 

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Enfin, il faudra revenir sur cette vision même de la bande dessinée : les rencontres nationales organisées à la Cité internationale d’Angoulême avaient posé les bases de la réflexion. La BD étudiée en classe, devenue support possible d’enseignement, voire outil pédagogique, tout cela est prometteur : « Trop longtemps, le genre a été considéré sous un angle trop restreint : la BD, aujourd’hui, c’est le divertissement, mais aussi l’acquisition de connaissances, l’information, la médiation et la transmission », indique Moïse Kissous.

 

Les relations avec les auteurs : dialoguer, toujours
 

Ainsi, le président du groupe BD entend travailler avec l’Éducation nationale dans un dialogue « qui doit être porté par l’ensemble de la profession, mais également avec toute manifestation qui s’intéresse au sujet. Aujourd’hui, des enfants font l’apprentissage de la lecture avec des albums jeunesse et passent ensuite à la BD, pas forcément au roman. Nous devons être présents à ce moment ».

 

D’autres sujets, plus brûlants seront au programme, comme la rémunération des auteurs. Certes, chaque maison reste libre de définir les droits et avances versés, « mais je serai bien sûr attentif au sujet et ravi d’entamer une discussion avec le SNAC BD ». À ce jour, toutefois, d’autres pistes seraient à explorer « pour mieux faire reconnaître la BD, et donc améliorer les revenus de chacun ».

 

L’idée serait plutôt de parvenir à élargir les revenus que produit la BD : « Comme dans tous les segments culturels, il y a une minorité d’auteurs qui gagne bien et une majorité qui doit cumuler des activités multiples pour s’en sortir. » Conclusion : il faut faire grossir le gâteau à se partager, sans oublier « que l’économie du livre pour l’éditeur reste fragile ».

 

En effet, explique Moïse Kissous, « beaucoup d’avances versées aux auteurs ne sont pas couvertes par les ventes. Avec en moyenne moins de 3000 exemplaires vendus pour un titre, l’économie du livre réside toujours dans une pratique fragile, où l’équilibre est complexe à trouver ». Et pour exemple, d’ajouter : « Un livre qui se réalisera 40.000 € de chiffre d’affaires hors taxe, et pour lequel l’auteur aura perçu 10.000 € d’avance, c’est considérable. Surtout en prenant en compte que l’éditeur ne perçoit que moins de la moitié de ce montant global. »

 


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