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En résidence, le dessinateur Terreur Graphique inspire et conspire

Florent D. - 29.03.2017

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Fred Lassagne, alias Terreur Graphique, est entré en résidence pour cinq mois, dans le Labo de création de Ciclic, agence du livre Région Centre-Val de Loire. Au milieu des éprouvettes et des appareils de mesure, le dessinateur produira chaque semaine une chronique, avec pour thème la conspiration. En parallèle, cinq à travers la région mettront en avant le dessinateur.

 

© Terreur Graphique

 

 

Le premier rendez-vous aura lieu à la librairie Bédélire de Tours, ce 31 mars : le dessinateur pourra présenter Inspirez ! Conspirez ! (La conspiration est un sport de combat). Ces rencontres sont organisées par Laurent Gerbier, maître de conférence en philosophie à l’Université François-Rabelais de Tours. Ses propres recherches portent sur la philosophie morale et politique du XVIe siècle.

 

Pour le Ciclic il s’agit de faire découvrir tant le projet du dessinateur que son univers artistique, mais aussi ses influences et le « champ » dans lequel il s’inscrit – pour reprendre un terme bourdieusien, écho direct au du projet de Terreur Graphique, qui n’est pas sans évoquer le film que Pierre Carles consacra en 2001 à Pierre Bourdieu, La sociologie est un sport de combat. Ce champ que l’on nomme la « bande dessinée du réel », où l’on trouve de multiples approches du monde contemporain, de la politique à l’approche, en passant par carnets de ou bien encore les témoignages biographiques.

 

 

Ce rendez-vous hebdomadaire sera l’occasion de questionner l’actualité, le monde en mouvement grâce à la bande dessinée.

Une bande dessinée, s’inscrivant dans la démarche d’expérimentation du labo, en mouvement elle aussi.

Interroger l’actualité en la travestissant, en la pervertissant, en empruntant une voie très en vogue en ce moment : celle de la conspiration.

Inspirez ! Conspirez ! c’est une fabrique de faits alternatifs, car à chaque événement, ses multiples versions.

Chaque épisode mettra en scène deux corps en mouvement, s’affrontant verbalement, thèse contre thèse

(au lecteur le libre choix d’adopter celle qu’il préfère, la vraie ou la fausse, si il y en a une véridique bien sûr)

et physiquement dans l’exercice d’un sport, le tout dans une animation simple et fluide adapté au format internet.

Thèse contre thèse

corps contre corps

la conspiration sera vraiment un sport de combat.

Terreur Graphique

 

 

Le premier dessin de la chronique hébdomadaire

 

Laurent Gerbier précise :

 

Après avoir été longtemps cantonnée dans le domaine de la fiction, et enfermée dans des genres précis de la fiction (science-fiction, fantasy, western, policier, aventure, etc.), la bande dessinée a depuis quelques décennies abondamment montré qu’elle pouvait adopter les formes plus variées et plus expérimentales d’un « compte-rendu de la réalité ». On peut bien sûr penser à la bande dessinée de reportages (dont les livres de Joe Sacco, Palestine en 1996 ou Gorazde en 2000, ont donné des exemples), mais aussi à la bande dessinée « documentaire » dont Étienne Davodeau a donné de nombreux exemples (Les Mauvaises Gens, 2005), ou à la bande dessinée militante, qu’illustre Philippe Squarzoni (Saison Brune, 2012). Ces différentes voies se rejoignent dans les usages de la bande dessinée dont témoigne par exemple La Revue Dessinée, créée en 2012.

 

Cependant, il serait trop simple de restreindre ce que l’on nomme de plus en plus souvent la « bande dessinée du réel » à une approche journalistique du neuvième art. En réalité, il y a beaucoup d’autres manières d’approcher le réel par le récit dessiné : les carnets de voyages, le croquis d’audience, la vulgarisation scientifique, ou les témoignages biographiques (ou autobiographiques) dessinent ainsi d’autres types de « bande dessinée du réel ».

 

Dans le cadre de la résidence d’artiste, l’idée pourrait être de proposer l’ensemble de ces voies à un auteur, afin qu’il définisse lui-même les outils graphiques et narratifs qui lui permettent de s’emparer du réel et de l’exprimer : l’approche sera-t-elle journalistique, ou documentaire ? Passera-t-elle par le compte-rendu visuel (photographie, croquis, carnet, carte postale) ? Adoptera-t-elle les formes plus acides et plus anciennes du dessin de presse, du cartoon satirique ou mordant, et tentera-t-elle de développer un discours critique ? Toutes ces voies peuvent être ouvertes, pourvu qu’il s’agisse bien d’entreprendre la « conquête de la réalité » par le biais du récit dessiné.

 

On retrouvera sa chronique à cette adresse.

 

en partenariat avec Ciclic