Enfant de la République, Titeuf est un prénom qui nuira à tes intérêts

Clément Solym - 17.02.2012

Manga/BD/comics - Univers BD - Titeuf - justice - prénom


En janvier 2012, un couple ayant décidé de prénommer leur fils Daemon recevait l'autorisation juridique d'affubler leur progéniture de ce prénom pour le moins original. Ils auront eu plus de chance - si l'on peut dire - que cet autre couple qui avait décidé en, novembre 2009 de donner le prénom Titeuf à leur fils...

 

À l'époque, l'officier de l'État civil doutait tout de même de la chose : né le 7 novembre, Titeuf, Grégory, Léo, cela faisait un peu trop. Et sollicitant le procureur de la République, le zélé fonctionnaire faisait valoir que le choix de Titeuf pouvait s'avérer nuisible à la jeune âme...

 

C'est qu'en outre, les parents ne sont pas spécialement amateurs de BD, souligne Pascale Robert-Diard, sur un blog du Monde.fr, qui rapporte qu'un arrêt de la Cour de cassation a coupé court à toute polémique. Ainsi, le prénom Titeuf est contraire à l'intérêt du jeune garçon, un point c'est tout.

 

Les parents avaient lancé une procédure au Tribunal de grande instance de Pontoise, pour que leur choix ne leur soit pas discuté. Une première décision leur donne tord, mais tous deux persistent, et interjettent appel, et c'est cette fois la cour d'appel de Versailles, qui le 7 octobre 2010, les déboute. 

 

Seul recours, la cassation de l'appel, et le résultat vient de tomber. Ainsi, le petit blondinet issu de l'imaginaire de Zep « un personnage caricatural, bien que plutôt sympathique, destiné à faire rire le public en raison de sa naïveté et des situations ridicules dans lesquelles il se retrouve », précisait alors la décision de la Cour d'appel de Versailles.

 

Pourtant, les parents considéraient que le personnage n'aurait qu'une célébrité éphémère, et qu'elle serait surtout limitée. Dès lors, impossible de leur interdire quoi que ce soit.

 

Mais la Cour de Versailles considère qu'affublé d'un pareil prénom, le gamin va forcément souffrir le martyre, attendu que celui-ci est « de nature à attirer les moqueries tant de la part des enfants que des adultes en raison de la grande popularité du personnage en France depuis plusieurs années, et que l'association du prénom Titeuf au personnage de pré-adolescent naïf et maladroit risque de constituer un réel handicap pour l'enfant devenu adolescent puis adulte, tant dans ses relations personnelles que professionnelles ».

 

Et finalement, c'est la Cour de cass' qui aura le dernier mot, en confirmant la décision de la Cour d'appel, soulignant que « c'est par une appréciation souveraine qu'en une décision motivée, la cour d'appel a estimé qu'il était contraire à l'intérêt de l'enfant de le prénommer Titeuf », souligne l'AFP.

 

Sic transit gloria mundi, donc...