Entre ciel et terre, Mezek, ou l'État d'Israël

Clément Solym - 20.07.2011

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Voici une histoire à passer la journée, ou presque, le nez en l'air, à regarder les avions. C'est en 1948 que l'État d'Israël est créé, avec les problèmes politiques que l'on connaît, l'opposition militaire et les bombardements qui frappent en permanence.

La guerre est sur terre, alors que le régime nazi est toujours implanté en Europe, mais à Tel-Aviv, il s'est déplacé dans les nuages. Loin de ceux que Baudelaire regardait passer...

En guise de pilotes, l'Israeli Air Force n'a pour le moment que la possibilité de recourir à des mercenaires, venus d'un peu partout dans le monde. D'abord, parce que les pilotes locaux, fils d'Israël ne sont pas encore formés, ensuite parce que l'expérience se trouve parfois chez ceux qui ont été les alliés ou les ennemis d'hier.

Et pour riposter aux attaques égyptiennes, c'est dans des avions de fortune, des Spitfire ou de vieux Mezek tchèques que les pilotes s'engouffrent, pas assurés du tout de revoir un jour le plancher des vaches. Et au milieu de ces pilotes, haïs tels des charognards par les juifs, Bjorn, un Suédois, l'air rêveur, un peu perdu, venu expier...

Si le dessin de Julliard est particulièrement classique - et un tant soit peu trop à mon goût - il n'en sert pas moins bien le scénario que Yann avait eu tant de mal à pouvoir faire dessiner. C'est tout à la fois historique, d'une Histoire peu connue, du moins, de mon côté, et en même temps romancé, juste ce qu'il faut, pour donner à l'ensemble une certaine tristesse. Une douce tristesse, celle de la guerre et de ses rivalités, ses conflits, ses soldats, morts au champ d'honneur, mais sans regret... parce que soldats.


Un titre attachant et à plusieurs égards assez violent, mais qui parle à tous - même si l'on a des positions politiques fortes sur la création de l'État d'Israël. Parce que ce qui se joue, c'est le repentir d'un homme, qui, à défaut de gagner le paradis, tente de vivre dans le ciel.

Un pis-aller, certes, mais que ne ferait-on pas pour toucher les nuages ?


Paru dans la collection Signé, chez Le Lombard, par Julliard au dessin et Yann au scénario. 15,95 € en papier, 6,99 € en version numérique sur Iznéo.