Face au déficit, la Cité de la bande dessinée peut compter sur la région

Antoine Oury - 03.05.2018

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La Cité internationale de la Bande Dessinée, à Angoulême, se présente comme l'établissement pivot pour l'exposition, la valorisation et la création dans le domaine du 9e art, en Nouvelle-Aquitaine et en France. Mais la Cité a récemment fait part de difficultés économiques liées à des problèmes de trésorerie, conduisant à six licenciements au sein de l'équipe de l'établissement. Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, annonce un soutien renouvelé et accru à la Cité.


Cité BD - FIBD 2018
La Cité de la BD d'Angoulême (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


 

En mars dernier, le conseil d'administration de la Cité internationale de la bande dessinée d'Angoulême avait pris acte de six licenciements économiques, qui portaient sur l'équipe de la communication de la Cité, ainsi que sur les postes de directeur adjoint et d’administrateur système. Pierre Lungheretti, directeur de la Cité, évoquait alors des hausses des charges patronales, la disparition des contrats aidés et des subventions qui n'évoluaient pas pour expliquer ces problèmes de trésorerie.

 

« Les comptes 2017 ont fait apparaître un résultat négatif de 100.000 € », nous confirme Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, « mais il s'agit d'un problème récurrent, observé depuis plusieurs années ». Un « déficit structurel » confirmé par le directeur de la Cité, Pierre Lungheretti, qui évoque 150.000 € de déficit, deux ans avant son arrivée à la tête de la Cité de la BD. 

 

Les licenciements économiques étaient la seule solution, explique Lungheretti, pour participer au rééquilibrage de l'établissement tout en conservant les postes de la Cité de la BD dont l'expertise est indispensable : « Les fonctions liées à une expertise de la BD, de son patrimoine, à la gestion de plusieurs services qui y ont trait sont des métiers à préserver, à valoriser même : c'est ce qui fait la force et l'originalité de la Cité. » Les services communication et ménage seront tous deux externalisés : sur les 13 contrats aidés de la Cité (soit 18 % des effectifs), 9 concernaient l'équipe du ménage. 7 postes ont été supprimés, tandis que la Cité espère pouvoir se tourner vers les parcours emploi compétences après la suppression des contrats aidés. L'établissement compte aujourd'hui 47 salariés.

 

« Si l'on avait continué ainsi, le déficit aurait atteint 350.000 € en 2020 », assure le directeur de la Cité, « et, étant donnée la situation économique actuelle, les collectivités publiques n'auraient pas été en mesure d'abonder à ce niveau ». La participation des collectivités représente aujourd'hui 53 % des recettes d'exploitation de la Cité, mais la région Nouvelle-Aquitaine, assure son président Alain Rousset, « reste la seule collectivité à avoir augmenté considérablement son apport ».
 

Un effort financier de la part de la région Nouvelle-Aquitaine

 

Ainsi, la subvention de fonctionnement de l'établissement, de 283.000 €, sera portée à 383.000 €, soit une hausse de 30 % : il s'agit d'un rebasage de la subvention, qui sera donc pérenne. « À cette subvention s'ajoutent des opérations spécifiques sur lesquelles la Cité de la BD nous sollicite, comme les expositions sur la bande dessinée française et belge à la Foire du Livre de Francfort, par exemple, ou l'exposition sur le monde d'Alix », souligne encore Alain Rousset.

 

« L'autre problème identifié au sein de la Cité, c'est qu'elle n'a pas de dotation d'investissement : la région intervient donc à ce titre, avec une enveloppe de 300.000 € pour l'investissement et les travaux liés à la vétusté de certains locaux, qui peuvent entraîner des problèmes de condition de travail, ou encore ceux liés à l'isolation des bâtiments, qui occasionne des problèmes d'énergie. » Avec 12.000 m2 de bâtiments à gérer, dont un vaisseau Moebius, livré en 1990, à rénover, l'aide, prévue pour le moment sur 3 ans, sera la bienvenue.

 

Enfin, les subventions régionales allouées à la Cité de la BD atteindront les 216.000 € pour cette année : « La région réalise donc un effort considérable, en passant de 283.000 € à plus de 800.000 € pour l'année 2018 », souligne Alain Rousset. « Nous serons pragmatiques dans notre soutien », ajoute-t-il, « le festival, la cité, les écoles et l'attractivité économique autour de la bande dessinée et l'image animée font d'Angoulême un pôle extraordinaire. Je suis bluffé par le travail accompli et j'ai confiance dans la relation de travail avec la Cité. »

 

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Outre le soutien de la région, la Cité de la bande dessinée entend développer ses recettes propres. « Nous sommes sur la bonne voie avec 18.000 visiteurs supplémentaires en 2017, et une hausse de fréquentation de 12 % sur les mois de janvier, février et mars », souligne Pierre Lungheretti. Le mécénat, même s'il reste mesuré, a également augmenté : de 40.000 € en 2017, il atteint 200.000 € en 2018, principalement dirigé vers les budgets des expositions.




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