Faut qu'on parle, ces êtres si imparfaits, sublimement réunis

Clément Solym - 24.06.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - hommes - femmes - mode


On les aime. On les adore, et on donnerait notre vie pour eux, pour elles, qu'importe. On les a dans la peau, ou pas, mais on sent surtout que l'on ne pourrait pas arriver à vivre sans. Pourtant, de temps à autre surgit cette phrase implacable : « Il faut qu'on parle. »

Sur un principe très simple, Hélène Bruller livre un album gentiment grinçant, sur nos travers humains, pardonnables ô combien, mais toujours drôles, quand ils sont bien mis en scène.


En couple, dans le métro, que ce soit un dialogue entre une poule et un renard, ou deux poissons rouges, Hélène croque une scène de petit moment de solitude, nécessairement pour l'un des protagonistes. Il suffit d'une case, une belle grande case, sans fioritures, accompagnée d'une phrase assassine, pour que le charme opère.

C'est propre, net, et radical. Sourire jaune parfois, éclat de rire de temps en temps, mais toujours une note juste qui tape, précisément là où ça fait un peu mal...


C'est toujours le corrosif que l'on peut trouver chez Hélène Bruller, mais avec une dimension plus compatissante : oui, nous sommes vraiment pitoyables, mais comme l'écrivait Musset, « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. »

Et ça, Hélène nous le fait comprendre si parfaitement, avec une belle note d'humour.

Publié chez Glénat Drugstore, pour 13,90 €

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