Feinte de Sioux, 40 ans après Yakari est resté jeune

Julien Helmlinger - 21.03.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - Bande dessinée - Yakari - Anniversaire


Flanqué de son petit poney Mustang et de son animal totem Grand Aigle, le petit Indien Yakari n'en a pas fini de courir les terres d'Amérique du Nord, inspirant les rêveries de lecteurs en manque d'initiation chamanique. Tandis que la création du personnage, il y a une quarantaine d'années, aura donné lieu à la publication de 38 albums traduits en une bonne vingtaine de langues, ainsi que deux dessins animés réalisés à 20 ans d'intervalle, le Salon du livre de Paris n'a pas manqué l'occasion de dresser un tipi pour accueillir son dessinateur Derib.

 

 

 

 

 

Depuis sa jeunesse, le Suisse Claude de Ribeaupierre aka Derib, se passionne pour la culture des Natifs Américains. Les BD axées Western, c'était déjà son dada. Mais il a bien vite constaté, déception et nostalgie, qu'aucune place ne leur était accordée dans le Journal de Spirou. Or pour lui, les expériences de la jeunesse restent importantes alors tandis qu'il schtroumpfait pour Peyo à Bruxelles, apprenant ainsi l'art de la BD « belgo-française » qui l'inspire, lui est venu l'idée de composer une oeuvre « sur le respect de la Terre-mère et des animaux ». En ce temps, il rencontrait son futur scénariste, son compatriote Job.

 

Entre deux épisodes des aventures de Pythagore, le duo s'est attelé au premier album de Yakari. L'écrivain Job est chargé de trouver les thèmes littéraires et autres noms de personnages, compose les scénarios, quand Derib intervient ensuite à coups de crayons sur lesquels il repasse ensuite à l'encre de Chine, avant que son épouse n'y ajoute enfin les couleurs. Le dessinateur ne s'est jamais rendu aux USA, mais il a eu la chance de rencontrer des Indiens via le web et a planché sur la documentation de base. Confessant « ne pas savoir allumer un ordinateur », Derib dessine donc à la main.

 

 

 

 

Au salon, ce vendredi, les enfants étaient nombreux à être venus écouter les explications du dessinateur. Aujourd'hui, on estime que près de deux tiers des jeunes découvriraient le personnage de Yakari à travers les adaptations en dessin animé, déclinaison pour lesquelles Derib intervient uniquement au niveau des synopsis et des dialogues. Pour lui, ces animations possèdent « un esprit très proche de la BD, ses décors sont beaux, mais les chevaux restent une difficulté pour les animateurs. 40 ans déjà, et à peu de choses près, Yakari est resté le même, nous confirme son dessinateur. Il serait néanmoins peut-être « plus rond, moins nerveux, et a perdu quelques kilos ».

 

Une séance de dessin agrémentait l'intervention, sous l'oeil attentif de bambins critiques. Leur verdict, une fois le petit Indien Yakari agrémenté de son bandeau et de sa plume... « Ah oui, on le reconnaît. Et enfin, un sourire de l'artiste pour les lecteurs d'ActuaLitté :