FIBD : Pas de concurrence déloyale, Bondoux n'a rien à cacher

Clément Solym - 30.05.2012

Manga/BD/comics - Univers BD - Franck Bondoux - Angoulême - concurrence


Information ActuaLitté : Ce n'est pas tous les jours que l'on rencontre Franck Bondoux, délégué général du Festival international de la BD d'Angoulême. Alors qu'en mars dernier, face à la Chambre de Commerce et d'Industrie, il était venu présenter son bilan de l'édition 2012, ActuaLitté a enfin pu questionner l'homme aux multiples casquettes sur quelques points. 

 

Que l'on ne s'y trompe cependant par, la question des relations plus que tendues entre la Cité de la BD et le Festival n'aura pas de réponse ici, éludée d'un revers de manche. En revanche, que les amateurs se rassurent, l'édition 2013 du Festival est bien sur les rails. « Un événement comme ça, il y a toujours des critiques. Aujourd'hui, on est à plusieurs mois du festival, on a toujours les mêmes partenaires. Officiellement, aucun ne s'est déclarant partant. Et on se réunit régulièrement pour des discussions. » 

 

Qu'on soit donc rassuré, la 40e édition, que Jean-Claude Denis aura le plaisir de présider est donc sur des beaux rails.

 

En revanche, le ton monte d'un cran, quand on aborde la question des liens qui unissent 9e Art + et Partnership Consulting. En effet, la première société, dont Franck Bondoux est le directeur, perçoit les subventions publiques et règle à Partnership, également dirigée par Franck Bondoux, des prestations relatives à l'organisation du Festival. Une méthode commode, pour s'assurer que l'argent public, qui contraint à quelques redditions de compte, ne soit pas directement perçu. 

 

Franck Bondoux

 

 

On n'a rien à cacher

 

« L'ensemble des collectivités locales, territoriales, le ministère de la Culture, tous ont accès aux comptes. Un commissaire aux comptes est lié à 9e Art +, donc je pense qu'ils ont tout ce qu'il faut, ils peuvent poser toutes les questions, la cour régionale des comptes peut venir quand elle veut… » En somme, la question, pas très bien comprise, ne serait pas d'actualité. Si l'on se questionne quant au fait que l'homme soit à la tête des deux sociétés, « il y a des protocoles que l'ensemble des financeurs publics possède, donc il n'y a aucun souci. La preuve, c'est que les collectivités, les financeurs publics sont là. »

 

De fait, une réalité tant juridique que de contrôle existe pour soutenir l'ensemble des relations entre 9e Art + et Partnership Consulting, « il n'y a pas d'argent qui se promène, et tout cela est extrêmement clair ». « On ne vit pas dans un contexte où l'on aurait quoi que ce soit à cacher ; c'est tout le contraire. »

 

Et d'ajouter que les fonds publics, ils interviennent parce que les acteurs considèrent que la manifestation « est d'intérêt général », et ce, tant du côté des collectivités territoriales que du ministère de la Culture. « Un événement comme celui-là rapporte énormément à un territoire, parce qu'il y a des retombées pour ce territoire. À un moment, c'est le Festival que ces gens suivent, ce n'est pas moi, en soutenant cet événement majeur pour leur territoire. »

 

On passera sous silence les propos du printemps 2011 : « J'en ai assez de tout çaTous les comptes sont à disposition des financeurs s'ils le désirent. Je n'ai rien à cacher et si le festival était une mine d'or, ça se saurait. L'an dernier, si l'État n'avait pas été là, l'événement n'était plus là ! » Sacré revirement, donc, en quelques mois.

 

En somme, ces fonds n'interviennent que parce que des gens veulent bien les offrir, en vertu de développement et d'investissements auxquels ils souhaitent croire. 

 

Et cette question de concurrence ?

 

Dans ce cas, peut-on considérer qu'il n'y a pas de concurrence déloyale entre le Festival et d'autres manifestations qui ne s'appuieraient que sur des fonds privés pour leur organisation ? « Est-ce que vous savez que partout en France, il y a des tas d'événements qui bénéficient de fonds publics ? Que si vous avez une idée, vous pouvez aller voir n'importe quel maire en France, et vous proposer votre idée. » Mince… D'ailleurs, il faut faire la distinction entre un Salon et un Festival, deux choses bien distinctes. 

 

Et de renvoyer les détracteurs, s'ils se reconnaissent, vers une scène nationale ou un théâtre, « allez voir comment sont subventionnés tous les événements culturels pratiquement en France et vous verrez qu'il y a des fonds publics dans les événements culturels. Et renseignez-vous sur ce que c'est que l'économie, que l'ingénierie culturelle, et vous découvrirez que ça ne peut fonctionner qu'avec des apports qui sont à la fois des fonds publics et des fonds privés. Et c'est cela, qui est profondément intelligent ». 

 

« Aujourd'hui, il y a des centaines, des milliers, je vous laisse chercher le chiffre exact, d'exemples de cette nature en France. Il n'y a rien d'exceptionnel à cela. »

 

Bon… Mais alors, cette histoire de concurrence, déloyale ou non ? « À vous de le démontrer », nous renvoie-t-on. Et en insistant un peu, on obtiendra gain de cause. « À l'évidence, non ! » La concurrence est donc tout à fait loyale ? « Oui. » 

 

Compliqué, la vie de journaliste, parfois…

 

Quant à savoir à quelle société la SNCF verserait la subvention de partenaire pour 2013, on reviendra plus tard