FIBD : réunion au sommet au ministère de la Culture... pour 2018

Florent D. - 26.10.2016

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Si l’événement est toujours aussi incontournable, il était logique que le ministère de la Culture en reçoive les acteurs. Ainsi, toutes les collectivités territoriales impliquées dans le Festival de la BD d’Angoulême ont été reçues ce 25 octobre, rue de Valois.

 

Culture, territoire et soft power

Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême, Frank Bondoux, directeur du FIBD, Olivier Poivre d’Arvor et Jean-François Dauré, président du Grand Angoulême - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Pour Audrey Azoulay, le dossier Angoulême est marqué d’un historique assez lourd : à peine débarquée rue de Valois, la ministre de la Culture avait eu à gérer la gronde des éditeurs de bande dessinée, qui menacèrent, en février dernier, de boycotter la manifestation. Une colère portée contre les organisateurs – 9e Art + et son grand patron, Franck Bondoux.

 

Un médiateur avait été nommé – Jacques Renard – pour tenter de mettre un peu d’eau dans ce vin bien amer, avec une lettre de mission des plus concrètes : trouver un terrain d’entente entre toutes les parties. Mission impossible ? Entre les auteurs ulcérés du comportement de Franck Bondoux, les collectivités territoriales passablement agacées d’être prises pour des vaches à lait et les éditeurs, soucieux de ne pas être pris pour des buses, concilier tout ce beau monde n’était pas tâche aisée.

 

Il était temps de discuter...

 

Concernant le FIBD, Audrey Azoulay notait d’ailleurs que « son développement entravé par des dysfonctionnements d’origine diverse, que les efforts modérateurs de l’État, notamment par la création d’un comité des financeurs publics et la stabilisation de l’assise financière de l’événement, n’ont pu entièrement conjurer ». Autrement dit, il fallait intervenir, et vite. 

 

Les premières conclusions du médiateur avaient amené quelques pistes de réflexion – à défaut de solutions tranchées. Redessiner la manifestation, ses objectifs, et surtout, concilier les financeurs publics et privés, pour assurer la pérennité de l’événement, aujourd’hui indissociable de la ville. Et particulièrement important, financièrement, pour elle. 

 

Le médiateur osait même émettre l’idée qu’une structure soit créée pour prendre le relais de l’association présentement à la tête du FIBD, pour assurer un renouveau et un consensus global

 

Sauf que... depuis la rentrée, on n’avait pas vu grand-chose bouger – Benoît Peeters, à l’origine des États généraux de la Bande dessinée avec Denis Bajram en coordinateur général, avait exprimé ses inquiétudes à de multiples reprises, dans la presse ou en privé. Et voici donc que les salons de Valois accueillent les collectivités territoriales impliquées dans le financement du Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême (Ville, Agglomération, Département, Région).

 

Ce beau monde est réuni pour faire un point sur la situation, alors que la 44e édition s’approche, à grands pas. 

 

Une nouvelle association, impliquant les financeurs

 

Dans un communiqué, Valois assure de toute l’importance pour « la vitalité du territoire angoumoisin, le secteur de la bande dessinée et le rayonnement international de la France » de la manifestation. Dont acte. 

 

Et faisant suite au propositions du médiateur — que dispose encore d’un délai l’amenant à fin novembre pour sortir une épingle de ce sac de nœuds, les opérateurs ont donc échangé sur l’affaire. « Ils partagent les conclusions formulées par le médiateur, notamment une nécessaire réforme de la gouvernance du festival, dans le respect de son indépendance éditoriale et au sein de laquelle chacun aura sa place », indique le ministère. Et cette approche garantira un équilibre au FIBD, à travers un projet « renouvelé ». Fort bien. 

 

Les collectivités ont d’ailleurs insisté sur le besoin de mettre au point une nouvelle association, en mesure de supplanter et remplacer celle aujourd’hui aux commandes – de sorte qu’elle puisse rassembler « l’ensemble des acteurs concernés ». Il faudra encore définir si cette organisation est pilotée par ceux qui financent ou ceux qui pourraient organiser. 

 

Qui paye décidera... plus

 

« Cette structure légère devra garantir aux acteurs historiques du FIBD, aux collectivités publiques et aux organisations professionnelles représentatives, une meilleure coordination et une implication plus forte dans les décisions importantes de la manifestation », poursuit le ministère. Et d’assurer qu’une convention d’objectifs et de moyens sera déployée dans l’édition de 2018. Elle devrait définir « les objectifs que les collectivités publiques et les organisations professionnelles assignent à la manifestation ainsi que les moyens financiers alloués en conséquence ».

 

Et pour Audrey Azoulay, la réussite et la bonne tenue de l’édition de 2017 sera un gage de ce que chaque acteur est impliqué dans le processus global. 

 

Faut-il à Angoulême "un conseiller conjugal, une thérapie de couple" ou un EPCC ?

 

 

Ce que l’on peut donc retenir de cette rencontre, c’est que les financeurs seraient aux commandes de la nouvelle association portant le Festival. Une configuration qui impliquera de négocier avec le prestataire logistique, Neuvième Art +, qui dispose d’un contrat pour quelques années encore. Si le ministère semble s’accorder avec les élus locaux sur le besoin de faire place nette – et de donner plus de poids aux financeurs, il s’agit malgré tout de réforme dans le respect de l’indépendance et de la programmation. 

 

Notons que, parmi les personnalités reçues, se trouvaient donc le maire d’Angoulême, Xavier Bonnefont, Jean-François Dauré, qui préside le Grand-Angoulême et François Bonneau, président du Conseil départemental de la Charente. Des gens qui n’ont jamais véritablement caché leur agacement vis-à-vis de l’organisation de la manifestation – et que l’actuelle présidente de l’association historique, Delphine Groux, pourrait désormais avoir à prendre en considération. Un peu plus que par le passé...