Filles de goût cherchent quelque chose à se mettre sous la dent

Florent D. - 13.09.2013

Manga/BD/comics - Univers BD - femmes parisiennes - centre d'intérêts - vie à la capitale


Quand le chanteur apatride en manque de rimes braillait vers le Ponant que les filles « nous rendent marteau », c'est qu'il n'avait pas croisé ces Filles de goût dont Caroline Guillot fait si joliment état. D'ailleurs, quand on prétend s'appeler Au bonheur des Dames, la moindre des choses, c'est d'avoir un peu de culture girly-littéraire. D'un autre côté... Voici l'histoire de quatre Parisiennes bien dans leur pots... de crème anti-âge.

 

 

 

 

Enfin, bien, faut le dire vite. Si le pot-au-feu, c'est délicieux, les quatre potes raffolent de cuisine, et le plus clair de leur temps, elles le passent à déguster tout ce qui peut se faire de raffiné, ou plus généralement, de comestible. 

 

Alors, dans l'ordre, Maud, femme enceinte, mère de Matisse, jamais en reste pour ce qui est des trucs qui changent la vie. Lila, espiègle et danseuse amatrice de veau de lait (voir gag p. 27). Eloïse vit avec Alain, un chef de haute voltige, et tous deux ne manquent pas une occasion de se donner de petits noms d'amour qui riment souvent avec petits plats sympas. Et puis, Gabrielle, qui a rencontré Yann, et qui file un amour végétariano-geek, option petites cachotteries - d'ailleurs, ils vont se marier. 

 

Bon, si la vie de ses quatre comparses devait se résumer à une synthèse, elle serait culinaire. Du kebab aux petits fours, en passant par la cuisine moléculaire ou la robe de soirée habillée en chocolat, la nourriture est au coeur (à point) de leurs aventures. Une récurrence parfois ad nauseam. Tout est prétexte à manger, ou à penser à la bouffe. Le ton est donné dès la première planche - encore que cette dernière pourrait laisse croire que l'on va basculer dans du girly mode, option magazine féminin. 

 

Mais l'impression ne tarde pas à se confirmer : on commence par un soin à base d'huile d'olive, pour enchaîner avec des soutiens-gorge remplis de smoothie, l'évidente - et so parigot-bobo livraison de produits de la ferme façon AMAP, contenant des légumes improbables. 

 

 

 

 

Bon, c'est amusant, mais en BD, sur 48 pages, ça devient rapidement excessif. Oh, ce n'est pas bien méchant, et à vrai dire, pour bien en profiter, il suffit de s'offrir quelques pages, au cours de la semaine - sinon, c'est l'indigestion. Bien sûr, impossible de ne pas croire à une grande dose d'autodérision. Laquelle ne fonctionne bien que si l'on n'a dans son entourage des personnages trop proches des quatre laronnes. Quand la fiction renoue avec la réalité, il est parfois un peu compliqué d'en sourire. 

 

À ce moment, on s'interroge, avec Eloïse : « C'est une plaisanterie ? » Hélas, non. Désolé les filles...

 

Des filles de goût, 15 € Editions Casterman