Fnac quitte le Festival de la BD d'Angoulême

Clément Solym - 16.10.2012

Manga/BD/comics - Univers BD - FIBD - Franck Bondoux - Angoulême


La Charente libre a dégainé vite, très vite. Reste que la réalité est bien là : à quelques mois du début du Festival International de la BD d'Angoulême, l'organisation encaisse un choc. La Fnac a décidé de retirer ses billes de la manifestation, après s'être lancée dans la création d'un prix BD l'an passé, dans le cadre de l'événement.

 

Franck Bondoux, directeur de Neuvième Art+, crédit ActuaLitté

 

 

La SNCF avait déjà ralenti sa vitesse d'implication dans le FIBD l'an passé, réduisant les investissements financiers, et selon nos confrères, c'était une somme : près de 250.000 € que le Festival recevait, tout à la fois de Fnac et de la SNCF. « Le montant n'est pas sérieux. Je ne peux pas le confirmer », nous certifie la directrice de la communication de Fnac, Gaëlle Toussaint. 

 

Cependant, elle confirme bien que l'enseigne se dégage de la manifestation. « L'an passé, nous avions déjà réduit les investissements, mais nous n'allons pas non plus faire l'impasse sur le FIBD. » De fait, Fnac proposer toujours un parcours client centré sur la sélection officielle dans ses magasins. Et pour ce qui est du prix BD, attribué l'an passé à Cyril Pedrosa, pour Portugal, il va désormais être développé en interne.

 

« Nous souhaitons mettre en place un prix BD, comme nous avons un prix du roman Fnac. Avant la fin de l'année, nous communiquerons sur cette récompense. La BD est un marché saisonnier, et nous nous positionnerons de manière à profiter largement de ces saisons. »

 

Pas vraiment "un coup dur"

 

Interrogé par nos confrères, Franck Bondoux, directeur de la société Neuvième Art+, assure que l'enseigne était dans une période difficile, qui n'est ignorée de personne. Ainsi, ce départ ne représenterait pas particulièrement « un coup dur ». Pourtant, depuis 2007, Fnac remplaçait les magasins Leclerc, alors partenaires officiels. 

 

« C'est fini le temps où les entreprises donnaient de l'argent comme ça : pour trouver des partenaires, il faut trouver des champs promotionnels adaptés à chaque entreprise », ajoute-t-il. Une nouvelle structure pourrait remplacer Fnac, qui ne serait d'ailleurs pas de même nature que l'enseigne de produits culturels et high-tech. 

 

Le 26 novembre prochain aura lieu la présentation de la nouvelle édition. Une édition qui promet d'être délicate, alors que ce sont 122.000 € que le Département ne fournira plus au FIBD et qu'en parallèle, la Chambre de Commerce et d'Industrie, qui offre 250.000 € souhaite que des animations spécifiques soient organisées, en échange de cette contrepartie financière.

 

Et Franck Bondoux de rassurer : « Mais pour cet anniversaire, le festival sera à la hauteur. D'autant plus que les partenaires institutionnels s'impliquent encore plus pour l'image de la ville d'Angoulême qui va profiter des animations de fin d'année pour fêter l'événement. »

 

La SNCF garde le rail

 

Contactée par ActuaLitté, la SNCF assure que sa présence sur le FIBD cette année est maintenue. « Évidemment, nous restons présents, à l'identique, et peut-être plus encore, puisque nous disposerons d'un espace animé durant le Festival. Notre politique est toujours celle des espaces polars SNCF, avec les quizz, la lecture des oeuvres sélectionnées et autres. »

 

En revanche, les 250.000 € avancés par la Charente libre, au titre de partenaire, ne sont pas plus confirmés, que ceux que Fnac pouvait offrir - que ce soit sous forme de gratuité ou d'échanges. La société ne souhaite en effet pas communiquer sur les transactions menées avec ses partenaires.

 

Et de renvoyer à la conférence du 26 novembre, pour avoir de plus amples détails sur l'implication dans la manifestation.

 

Selon nos informations, une réunion s'est d'ailleurs tenue à Poitiers, voilà une quinzaine de jours, et mettant autour de la table la Drac, le ministère de la Culture, le Conseil général et la Région. Le fond de la discussion, sans remettre nécessairement en question les équipes en place autour du FIBD, portait sur l'adjudication de fonds publics, plusieurs fois interrogée. 

 

Franck Bondoux avait répondu à nos questions sur ce point. « On ne vit pas dans un contexte où l'on aurait quoi que ce soit à cacher ; c'est tout le contraire. » En tout cas, 9e Art+ n'a toujours pas donné suite à nos appels, pour commenter la décision de son ex-partenaire.