Forte croissance du livre numérique au Japon, très forte

Clément Solym - 07.07.2010

Manga/BD/comics - Univers Manga - ebook - japon - croissance


En 2008, le marché des livres numériques au Japon représentait 46,4 milliards de yens (soir 417 millions €), avec une répartition à 86 % du marché pour le téléphone portable et principalement des ventes de manga.

Alors que plusieurs lecteurs ebook devraient arriver sur le marché dans le courant de l'année, les éditeurs de romans attendent toujours un peu pour se lancer à corps perdu dans ce secteur. Et l'on regarde le développement de ce secteur avec attention.

Beaucoup d'attention.

Impress R&D vient toutefois de publier de nouveaux chiffres faisant état des ventes réalisées sur la période allant d'avril 2009 à mars 2010. Le chiffre d'affaires est cette fois passé à 57,4 milliards de yen, soit une hausse de 23,7 % explique l'étude du cabinet japonais. Et toujours en tête, les téléphones portables, qui représentent encore 89 % du marché total. Définitivement, les lecteurs dédiés ont du souci à se faire.

Un marché alléchant...

La croissance a évidemment ralenti depuis les premières études publiées, on passait de 195 % de hausse entre 2006 et 2007, puis 131 % entre 2007 et 2008. Pour autant, l'accroissement de la demande ne chute pas.

Le secteur numérique va continuer à grossir, et dans cette optique, on envisage plus de 130 milliards de yens de chiffre d'affaires, pour 2014-2015, précise l'étude, avec une grande partie des revenus issus de l'iPad ou consorts. Pour 2012-2013, on prévoit 70 milliards de yen de CA sur ce secteur, toujours avec une domination nette des smartphones. Sur les 113 millions d'abonnés japonais, plus de 93 % disposent d'un modèle de 3e génération, et les portails de vente ne cessent de croître...

Les perspectives de l'iPad

À titre d'exemple, le 20 mai, huit jours avant la sortie de la machine d'Apple, la maison Kodansha annonçait d'ailleurs la publication d'un titre, une version numérique de Natsuhiko Kyogoku, Shineba li Noni (Mourir serait préférable, grosso modo...), proposée pour 900 yens en version iPad contre 1785 pour le papier. Une belle réussite alors.

En réaction, l'association japonaise des éditeurs numériques avait elle aussi annoncé la sortie d'applications gratuites, et plusieurs autres entreprises se sont précipitées dans cette solution. Aujourd'hui, 10.000 titres sont disponibles pour la lecture sur l'iPad, mais pas de nouveautés. Même l'association des librairies japonaises se prépare à lancer une application sur l'objet d'Apple.

Quid de l'édition ?

Mais la question se pose alors de savoir si l'impact du numérique sera celle d'un marché qui se substituera à celui de papier. Pour Kyogoku, cette possibilité est simplement "irréaliste". Les clients de l'un et l'autre support sont différents, et il se dit persuadé que les deux secteurs se complèteront mutuellement, sans entrer en concurrence. En fait, papier et numérique bénéficieront de l'une et de l'autre approche, pour se renforcer.

Dans ces conditions, inutile de se laisser glisser à l'oreille par des oiseaux de mauvais augure que l'édition telle qu'on la connaît est une industrie obsolète. En revanche, l'évolution est inévitable et il sera demandé aux éditeurs de faire de l'argent avec de nouveaux produits - comme les livres augmentés et ainsi de suite.

L'intégralité de l'étude, en japonais, est à découvrir à cette adresse.