Frank Miller bien décidé à faire chier Al-Qaida

Clément Solym - 25.07.2011

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Les premières pages de Holy terror, le nouveau comic book de la superstar du milieu, Frank Miller, ont été dévoilées lors du Comic con de San Diego le week-end dernier. Frank Miller s'engage, et plus que ça, inscrit Holy Terror dans la continuité des oeuvres de l'Âge d'or du comic, alors utilisées comme outil de propagande pour entretenir un imaginaire sociétal commun favorable aux intérêts politiques du gouvernement.

Frank Miller, notamment célèbre pour Sin City, 300 et Batman : the Dark Knight, a qualifié son nouveau comic book Holy Terror de « propagande » contre le groupe terroriste Al-Quaida en réponse aux attentats du 11 septembre 2001. Le livre de 120 pages est publié chez Legendary Comics et paraîtra à la fin de l’été, un peu après la commémoration des 10 ans du terrible événement.



Le projet Holy Terror a debuté il y a huit ans. Il devait à la base être une aventure de Batman contre Al-Qaida et publié chez DC Comics
Holy Terror
est l’histoire d’un superhéros, The Fixer, également super-musclé, dont les aventures consistent à exterminer tous les terroristes islamiques qui se trouvent sur son chemin, coiffé fièrement d’un masque orné d’une étoile de David. Selon Miller, The Fixer « a tout ce qu’il faut pour commettre des actes de violence terribles contre les gens diaboliques », soit l’axe du mal en somme.

Miller précise que ce comic est « un rappel que nous sommes toujours en pleine guerre » contre le terrorisme islamique, ajoutant que « l’ennemi contre lequel nous nous battons est pernicieux, trompeur et impitoyable, et ne cherche rien d’autre qu’une totale destruction. »

Lors du Comic con, les fans ont interrogé Miller sur le fait que Holy Terror pourrait entretenir les clichés et diaboliser les musulmans, ce à quoi il a répondu : « J’espère que ce comic book va vraiment faire chier les gens. »

Propagande ou liberté d’expression ? Surtout, un pas de plus vers l’escalade de la violence, Frank Miller prolonge les hostilités entre les États-Unis, Al-Qaida, et très certainement le monde arabe que l'on connaît très sensible sur le sujet, notamment après l’affaire des caricatures de Mahommet de 2005. Comme quoi talent et intelligence ne vont pas toujours de pair, surtout quand le but de sa créativité est d'inciter à la haine de l'Autre. Pas bravo. Du tout.