Frank Miller, fasciné par la chose politique comme source d'inspiration

Florent D. - 09.05.2016

Manga/BD/comics - Comics - Dark Knight III - Frank Miller Batman - Azzarello Master Race


Frank Miller nous a habitués à des prises de paroles franches et directes. Dessinateur et cinéaste, il était l’une des stars internationales très attendues de la 34e édition du Salon du Comics de Barcelone, qui se déroulait du 5 au 8 mai. En pleine effervescence du salon, l’auteur, toujours à moitié caché sous son chapeau, était invité à une conférence de presse. Au menu, comics, cinéma... et politique !

 

 

 

Toujours à l’aise dans l’exercice, Miller était accueilli par son éditeur espagnol ECC Ediciones. À 59 ans, le bonhomme attire toujours plus de foules, avec son regard spontané. À l’aise avec le monde des superhéros, il assure qu’aucun enfant « n’a jamais rêvé d’être en mesure de déployer ses ailes et de voler, ou ne s’est pas pris à jouer avec une serviette pour simuler la cape de Superman ». Et pour cause...

 

Mais au-delà de cette dimension ludique, Miller reste tranchant : dans le monde des comics, il a toujours du mal à accepter le principe de cette figure morale, qui fait le bien en permanence, et « va nous sauver du mal », rapporte l’agence EFE. 

 

En outre, des personnages aussi connus et prestigieux que Superman sont ancrés dans une époque stricte. Né au milieu de la dépression américaine, et champion de la liberté, combattant contre Hitler, l’homme de Krypton avec ses collants appartient à une période ancienne. Cependant, la figure qu’il incarne offre un « bon matériau pour l’imagination ». 

 

Et pour rester chez DC Comics, Miller a souligné l’importance du travail scénaristique abattu par Brian Azzarello, qui a écrit le dernier Dark Knight. Dark Knight III : The Master Race, que les deux hommes ont cosigné, est sorti voilà quelques semaines. Miller en est particulièrement fier. C’est un personnage nouveau qui émerge, « informé de tout ce qui se passe, qui se sert des outils nécessaires, et sait toujours qui l’entoure », précise Miller.

 

D’ailleurs, le monde politique est, avoue-t-il, une grande source d’inspiration, « fascinante » pour son travail. Pour cette raison, ses personnages féminins comme Martha Washington ou Elektra sont à l’image de fortes personnalités politiques. Et de citer Hilary Clinton, comme une candidate démocrate d’envergure. Alors qu’a contrario, Donald Trump est ridicule, « un constructeur de bâtiments » qui ont détruit les villes. 

 

Et s’il revient au monde des comics, pour évoquer les grandes figures, c’est Wil Eisner qu’il cite, « l’artiste américain le plus important de la bande dessinée », aux côtés de Neal Adams, « un conteur qui a lutté pour que les travailleurs de ce secteur puissent obtenir un salaire décent ». 

 

Lui ne se voit pas changer de profession. « J’aime ce que je fais, et c’est tout ce que je peux faire. Je suis passé de chauffeur de bus à portier, puis à dessinateur. Ce n’est pas mal. »