Frédéric Mitterand responsable de Tintin au Congo (CRAN)

Clément Solym - 09.09.2009

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Frédéric Mitterrand interpellé par le Conseil Représentatif des Associations Noires, ou CRAN, cela fait prendre à l'affaire Tintin au Congo, une toute autre tournure. Depuis 1931 et sa sortie sans esclandres la BD, a fait les frasques d'accusation de racisme à la mesure des 220 millions d'albums vendus et traduits en 70 langues.

Pourtant, Hergé s'était expliqué à de nombreuses reprises, et autant d'excuses... « J’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais. J’ai dessiné les Africains d’après les critères de l’époque ».

Raciste ? Non, j'écris noir sur blanc

La dernière attaque en date est celle de Mondondo, qui a décidé de relancer en France la polémique, estimant qu'en Belgique la procédure judiciaire se traînait un brin. « Pour les enfants qui lisent cet album, le Congo c’est ça. Ça peut consolider les préjugés envers les Congolais. En Belgique, certains gardent de nous une vision caricaturale ». Et d'assener : « Il n'est pas admissible que Tintin puisse crier sur des villageois qui sont forcés de travailler à la construction d'une voie de chemin de fer ou que son chien Milou les traite de paresseux ».

On se demandera avec politesse si le CRAN, un peu à cran justement, n'en fait pas des caisses et plus encore, en adressant ainsi un communiqué à Frédéric Mitterrand. Le Conseil serait « favorable » à ce que l'on ajoute une petite mention à destination du public et « qu'un additif soit placé en préambule de l'ouvrage pour rappeler, notamment à l'intention du jeune public, que cet album est à lire avec la distance nécessaire à toute caricature ».

Une caricature ? Nonmého ? Et pourquoi pas réécrire Le voyage au bout de la nuit en version jeunesse ?


C'est après avoir envisagé de discuter avec Casterman, l'éditeur, que finalement le CRAN interpelle le ministre de la Culture : « Il appartient aussi à l'État de prendre ses responsabilités et de trancher cette question. »

Rappelons également que la bibliothèque de Brooklyn a également décidé de retirer le livre de l'accès public, estimant que son contenu est de nature à choquer le public. On appréciera l'ironie de la situation : dans ce respectable établissement, plusieurs versions traduites de Mein Kampf sont accessibles.