Fusils et pistolets interdits dans les nouveaux cartoons de Bugs Bunny

Florent D. - 08.06.2020

Manga/BD/comics - Comics - Bugs Bunny chasse - Elmer Fudd chasseur - looney toons warner


Le monde d’après, c’est celui où Bugs Bunny ne se fera plus pourchasser par Sam ni Elmer, armés de pistolets ou de fusils. De retour sur la chaîne HBO Max, les personnages des Looney Tunes – Bugs, Daffy, Bip Bip, Tom et Jerry et consorts – laissent place à une nouvelle génération. Débarrassée de toute violence par armes à feu. Ah bon ?


 

Peter Browngardt, le producteur de cette renaissance, a indiqué que les grands personnages, comme Elmer Fudd ou Sam le Pirate n’apparaîtront plus armés. Des classiques du dessin animé, privés de leurs attributs, en somme. Les bâtons de dynamite, les enclumes et autres pièges, qui servent la vis comica de ces personnages ne disparaîtront pas pour autant, qu'on se rassure. 

Alors quoi : le monde d’ACME – la corporation fictive où évoluent les personnages – se veut exemplaire ? « Nous ne fabriquons pas d’armes. Mais nous pouvons faire des choses cartoonesques violentes – comme la TNT ou les trucs d’ACME. Tout cela est en quelque sorte acquis », assure Peter. 
 
Selon lui, l’objet de cette révision répond à une époque où il faut lutter contre l’intimidation en milieu scolaire ou l’incitation à la violence. Et bien que les dessins animés des Looney Tunes soient intemporels, il est encore possible de leur conférer une autre approche. 

Des versions modernisées qui refléteraient plus un monde moderne, où l’on souhaiterait que tout le monde soit ami et non-violent. Sauf que les Looney Tunes sont à peu près l’antithèse de la non-violence – un peu comme si l’on demandait au loup de la fable de La Fontaine de ne pas emporter l’agneau innocent. Et de surtout n’en pas faire son dîner.

Warner Bros, propriétaire de ces personnages, produira donc une nouvelle série de 80 épisodes de 11 minutes – entre 1930 et 1969, ce sont 250 cartoons qui ont été dessinés. Le tout, adapté à un public contemporain, ou pour le dire autrement : le tout pensé tel que l’on voudrait que le public contemporain soit ?
 

Fusil, non, TNT, strangulation, etc. oui


Sauf que les créateurs ne le voient pas de cette manière : plus d’armes à feu, alors qu’elles sont l’un des ressorts comiques principaux des cartoons, voilà qui frise le ridicule. Pour Michael Ruocco, cette censure est un non-sens : 
 
« Vous accordez sérieusement de l'importance au fait qu'Elmer Fudd ait un fusil ? Savez-vous combien de gags on peut faire avec des armes à feu ? Peu, en fait. Et les meilleurs ont déjà été faits par les anciens. C'est trop restrictif. Les armes à feu n'ont jamais été le ressort comique, mais plutôt la masculinité bancale, remise en question, d'Elmer. »

Évidemment : les gags réalisés par les anciens dessinateurs ont déjà exploité la majeure partie de ce qui pouvait être fait avec des armes à feu. Ce qui reste est une portion congrue : le supprimer est tout bonnement idiot. Sauf à recycler l’ancien pour faire du neuf. 

Si les armes à feu des cartoons sont prises à partie, c’est avant tout pour réagir à la violence américaine globale — et cette éternelle idée que montrer la violence dans les dessins animés incite la violence armée dans le monde réel

Pour d’autres, supprimer ce qui est avant tout un symbole du personnage, reviendrait à priver Popeye de ses épinards. Les tenants de la vérité historique rétabliront d’ailleurs les faits : dans les années 30, quand Elzie Cryler Segar conçut son marin, ce fut à la demande du gouvernement, pour inciter à la consommation de légume. Ensuite, le mythe de la teneur en fer — contrairement à celles de vitamine A, dont Popeye lui-même parle — l’emporta.

Le lobbying des armes serait-il derrière Elmer Fudd ? La théorie doit exister… Ce qui est certain, c’est que la National Riffle Association, surpuissant lobbying des armes aux États-Unis, ne manquera pas de déplorer cette campagne de dénigrement. 

Peter Browngardt conclut : « Certains des nouveaux épisodes sont peut-être allés un peu trop loin, alors ils pourraient sortir sous un format différent. » Mais… Gros Minet aura toujours le droit de tenter de bâfrer Titi ?

via New York Times, Comic Book


Commentaires
Lorsque E.C. Segar créa Popeyes, marin borgne apparu comme personnage parmi d’autres de son Thimble Theatre, il n’avait pas recours aux épinards. Puis le personnage se développa avec le succès, et prit son autonomie. C’est lorsqu’il fut adapté en dessin animé qu’un sponsor apparut : la fédération des producteurs d’épinards. Et c’est donc à l’écran qu’il commença à ingurgiter des conserves.
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