“Garantir des ressources minimales aux auteurs", engagement de Fleur Pellerin

Cécile Mazin - 02.02.2015

Manga/BD/comics - Univers BD - Fleur Pellerin - consultation auteurs - situation sociale


En déplacement à Angoulême ce dimanche 1er février, Fleur Pellerin est venue clôturer la manifestation, avec un emploi du temps légèrement bouleversé. Bien entendu, la réforme du régime de retraite des auteurs comptait parmi les sujets les plus chauds. Pour l'occasion, la ministre a assuré qu'une étude sur la situation sociale interviendrait prochainement, concernant les auteurs, et pas simplement, dans la bande dessinée. 

 


 

 

C'est la plus importante attente que Benoît Peeters, président des États généraux de la BD rappelait à ActuaLitté : une mobilisation de l'ensemble des auteurs, en France. « J'adorerais voir Jean-Marie Le Clezio se rendre au ministère de la Culture avec un auteur jeunesse, un auteur de bande dessinée, pour dire : “Nous appartenons tous au monde du livre, et nous nous battons pour les droits de chacun.” Ce serait fantastique : mais pourquoi cette mobilisation ne s'étend pas à l'ensemble de la profession ? Et s'ils ne se battent pas, ils verront les dégâts de la réforme qui sera mise en place en janvier 2016. » 

 

Semblant répondre à cette attente, la ministre de la Culture a souhaité que soit lancée une consultation qui aboutira à « des propositions pour améliorer la protection sociale des auteurs et leur garantir des ressources minimum ». Il est certain que, suite à la Marche des auteurs, et une mobilisation de 600 personnes, selon les forces de police, la ministre ne pouvait ignorer l'appel. 

 

Présentant ses voeux à la presse, la ministre avait d'ores et déjà posé le constat, assurant qu' « une mission est en cours, pour essayer d'avoir un panorama, une photographie assez précise de ce qu'est la situation sociale, des revenus, des ressources des auteurs », rapporte l'AFP. Par la suite, il faudra déterminer quelles sont « les modifications que nous pouvons apporter à une situation qui aujourd'hui n'est pas du tout satisfaisante ». Nous ignorons encore si la mission alors évoquée et l'étude envisagée à Angoulême sont une seule et même chose.

 

« J'ai écrit, avec la ministre de la Santé Marisol Touraine, aux responsables des régimes complémentaires pour rouvrir les discussions », a expliqué Fleur Pellerin, avant la remise des Prix. Et de rappeler que la BD était un genre d'importance, qui intervient tout autant « pour le rayonnement de la France ». Ses convergences avec le jeu vidéo, l'animation ou les séries télévisées sont autant de points forts que Fleur Pellerin a soulignés. « Je veux aider la BD française à s'exporter, grâce, par exemple, à des aides à la traduction. »

 

Revenant sur la tragédie Charlie Hebdo, elle a insisté sur le fait que cette 42e édition du FIBD était placée sous l'égide de la liberté et de la solidarité. « Son humour subversif n'est pas forcément compréhensible pour tous, mais il faut expliquer pourquoi c'est une composante indispensable de la liberté d'expression, dans la manière dont nous la concevons. » Mais la transgression compte comme une force française : « Il serait triste que les artistes s'autocensurent par peur de choquer, car choquer a toujours été une prérogative des artistes. »