Gastoon... mince, ils n'avaient donc pas compris la première fois

Clément Solym - 20.09.2012

Manga/BD/comics - Univers BD - Gaston Lagaffe - héritage - Franquin


La génétique fait des miracles. Promis. Mais dans le domaine de la BD, elle ne peut rien. Et on en vient parfois à bénir la rigidité cadavérique d'un certain Nick Rodwell, défenseur des intérêts de Moulinsart, et d'Hergé. Avec tous ses défauts, l'homme aura tout de même fait respecter une chose : pas de suite à Tintin. En soi, ce n'est peut-être pas si mal, car toute lucrative que puisse être la boîte de Pandore, elle n'en reste pas moins dangereuse. 

 

 

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Uniquement ensuite...

 

 

Donc, depuis avril 2011, nous savions qu'il existait un neveu de Gaston Lagaffe. « Nous avons fait beaucoup d'essais avec de nombreux auteurs. Yann et Léturgie sont des professionnels connus pour leurs qualités de dessin et pour leur respect pour l'oeuvre de Franquin », expliquaient les éditeurs, chez Marsu Prod. 

 

Un premier volume très attendu, Gaffe au neveu, qui n'avait déjà rien de très intéressant. 

Gastoon ferait un excellent album de pastiche. Un hommage, à la limite. On trouverait le clin d'œil amusant et le travail de copiste plutôt bien assumé. Mais il n'est question ici ni d'hommage ni de parodie, Gastoon est bel et bien une série qui démarre, destinée à cartOOnner dans les ventes, profitant du formidable troupeau de fans de Gaston, qui ont réservé un accueil chaleureux à toutes les sorties posthumes du héros en espadrilles. (voir notre actualitté)

  

En juin dernier, ActuaLitté se fendait d'ailleurs d'une lettre ouverte, de profundis et post-mortem, alors qu'à l'approche de la fête de la musique, Marsu Prod lançait un titre Lagaffe en musique, pour être commercialement raccord avec la célébration. 

Alors, voilà, mon cher André. Ces dernières années, t'as été sacrément bien rentabilisé. Et ça me rappelle une planche des Femmes en blanc, où un jeune garçon décide de vendre son corps à la science pour gagner trois francs six sous. Un accident de moto le tue sur le coup, et le chirurgien se frotte les mains : tout doit disparaître, et tout va disparaître. Organes, membres, peau, etc. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien, et que l'on envoie à la crémation. Mais que faire avec les quelques grammes de cendres restant ? Les jeter sur la route : il a neigé cette nuit, et c'est glissant. (voir notre actualitté)

 

 

Et voilà que, manifestement, Marsuprod n'a pas compris, et depuis Monaco (tout de même), nous fait parvenir le second titre de Gastoon, Des vertes et des pas mûres. C'est un voyage chez un grand-père en pleine campagne, et puis, y'a des gags... 

 

Non, mais en fait, laissez tomber : la platitude des gags autant que la bêtise commerciale qui sous-tend ce projet éditorial n'ont rien pour les sauver. Selon les données de la base Electre, il se sera tout de même vendu près de 47.000 exemplaires de ce titre, depuis le 25 août 2011...

 

Et si génétiquement, la troublante ULTRA-ressemblance entre Gastoon et son tonton pourrait tirer une larme d'émotions aux plus revêches, c'est l'éternelle histoire de l'appeau des chasseurs. Dans les années 80, Franquin en avait d'ailleurs imaginé un fantastique, preuve en images, dans Les idées noires... Un spécial pour les chasseurs...