Geluck se lâche, Textes et dessins impolis

Clément Solym - 04.10.2009

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On le connaît en fier partenaire d'un félin à l'humour tranché au couteau à beurre, qui en trois cases fait froncer les sourcils, avec un sourire en coin amusé. Parfois, cela ne tient qu'à un seul dessin et deux bulles pour que le lecteur s'esclaffe. Mais Geluck est aussi un homme de texte.

L'ensemble de ceux ici présentés provient d'une chronique qui paraît avec le supplément week-end du Soir, et le public français n'y a donc probablement jamais eu accès. Les dessins, en revanche, sont fournis par ses accès d'humeur dans Siné Hebdo, publiés dans la section éponyme. Cela donne un assemblage vraiment grinçant de 150 pages, mêlant réflexions universelles sur l'inutile et le rien à des pensées narcissico mégalomaniaques indispensables.

Petit arrêt sur image nécessaire : l'ouvrage coûte 18 €. Pour ceux que le non-sens laisse de marbre, c'est une somme. De même, les non-adeptes de l'humour geluckiens seront à juste titre réticents à envisager cet investissement. On y trouvera pourtant une déclaration d'amour inattendue : « Je crèverai les yeux à ceux qui te regarderont avec mercis et couperai la langue à ceux qui tariraient d'éloges sur ta beauté. » Et autres perles qui m'auront passablement fait changer d'avis sur l'intéressé.


Geluck a ce sens inamovible du contre-courant, avec un sourire vicieux de prêtre retors et lubrique - sauf votre respect, m'sieur, pour votre calvitie. Ses textes sont de tranches, pas forcément découpées toutes dans les parties de nos vies les plus tendres, ce qui en rend certaines assez dures à avaler, même après plusieurs heures de cuissons dans une sauce au vin. Iconoclaste, on ne peut pas lui enlever, mais plaisant, on peut désormais lui rajouter.

La faute à ce décalage, ce ton ou son physique de rêve, cochez la mention inutile : Geluck, même quand il est méchant, c'est pour notre bien.

Geluck se lâche, publié chez Casterman, par l'intéressé, pour 18 €.