Gipsy, intégrale 2 : Un camion, des femmes, Tsagoï au paradis

Clément Solym - 02.05.2009

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Ne vous fiez pas à son air de crapule sinistre, voire de macho fini, le Gipsy, c’est un homme au cœur en or. Bon, il ne renâcle pas à coller deux trois droites si on lui asticote l’intellect, ou que l’on reluque de trop près son camion… Mais que voulez-vous, un homme qui conduit toute la journée lie une relation forte avec sa bébête.

Des biceps généreux, un torse à faire pâlir d’envie les plus bodybuildés, et tout ça, c’est du 100 % naturel, élevé à la gipsy, avec les violons et les canons sciés. Autrement dit, faut pas le faire scier, le Gipsy. Mais ses aventures débordent largement le monde gipsy, justement, et la pointe de folie qui traverse les épisodes ajoute largement à la bonne humeur qui y règne.

Le Gipsy, ou Tsagoï pour les intimes, c’est un peu ce grand frère super balèze dont tous les petits garçons ont rêvé, ou rêveront d’être, redresseur de torts à sa manière et instrument armé de la Justice. La sienne. Qui en vaut d’autres soit dit en passant… Le tout dans un monde qui pourrait être le nôtre, et n’a probablement que quelques années d’avance, à peu de choses près. Un univers parallèle, en somme, surréaliste…
Les trois volumes compilés dans cette intégrale vous embarqueront tour à tour dans de la contrebande de caviar sur fond de finale de coupe du monde entre la France et l’Allemagne ; vous traverserez le temps pour découvrir l’organisation secrète de l’Aile blanche, sujet du nouveau roman de sa sœur, dont il est également le personnage principal ; enfin, un grand départ pour le monde aztèque et ses légendes, mais surtout la malédiction qui pèse, et rend littéralement fou de rire. Et un brin meurtrier sanguinaire et sauvage aussi…

Pas de doutes, les dessins ont un peu vieilli. D’autant que tous les albums présentés ne semblent pas avoir un traitement graphique égal : l’image s’affine ou devient plus dense selon les cases et les pages. Mais pour ce qui est de l’ambiance qui y règne, pardon, c’est toujours du grand art. Le rythme est excellent, et rehaussé par un Gispsy fantastique. Ca tchatche, ça flambe, ça frime et ça tape quand il le faut, avec un sourire d’une oreille à l’autre, tout simplement.

Bon, c’est certain, on trouvera le tarif de cette intégrale un peu onéreux : pour 35 euros, on a trois titres récents assez facilement, voire pour moins cher. A trente euros, on aurait dit banco, foncez direct sans regarder en traversant la route, les voitures n’ont qu’à faire gaffe. Là, on vous avouera que c’est une excellente série, qu’elle mérite d’être redécouverte, vraiment, mais qu’on trouve juste que le tarif aurait mérité cinq piastres de moins.

Autre chose ? Non ? Alors buvons, mes amis !

Gipsy, intégrale 2, publié chez Dargaud, par Smolderen et Marini, pour 35 €.