Gisèle et Béatrice, ou comment mon patron est devenu une femme

Florent D. - 03.09.2013

Manga/BD/comics - Univers BD - Feroumont - satire sociale - relations hommes femmes


Dans les sorties de la rentrée, il y un titre assez particulier chez Dupuis, dans la collection Aire Libre. Publié ce 6 septembre, la BD de Feroumont, Gisèle et Béatrice sort dans un format agréable, avec un petit coffret pour l'occasion, laissant découvrir une tout autre couverture. Attention, Gisèle et Béatrice est qualifié de « contenu coquin ». Non sans raison.

 

 

 

 

Béatrice travaille dans une grande société où, à titre de femme, elle est victime de son patron, d'un machisme ambiant, d'une misogynie latente - et d'une ségrégation claire et nette. Outre ces joyeux désagréments de la vie en entreprise, on peut y ajouter le dénigrement, et un avancement pour accéder à une augmentation et un meilleur poste qui n'arrivera jamais. Jusqu'à ce que son patron se décide à lui faire ouvertement des avances. Là, Béatrice tient sa vengeance.

 

Il suffira d'un philtre magique venu d'Afrique pour que Georges le patron devienne... Gisèle, la Slave blonde au fort accent. Et soudain, les rôles s'inversent complètement : Georges devenu femme découvre que Gisèle... a un pénis, et sait manifestement très bien s'en servir. Sans papier, sans identité et complètement démunie, Gisèle va accepter de devenir la femme de ménage de Béatrice. Qui dans le même temps va connaître une ascension professionnelle inouïe.

 

 

 

 

Mais entre les deux femmes, une histoire va naître et cet étrange couple finira par trouver une voie commune. Gisèle, passée reine dans le rôle d'objet sexuel, apprend ce que peut être la vie d'une femme soumise à l'emprise des hommes. Troublant d'efficacité. Et surtout, un conte, certes coquin, mais qui fait doucement passer de multiples messages sur les relations amoureuses, les relations hommes/femmes... 

 

Conte érotique, fable sociale ou même satire, peu importe, Gisèle et Béatrice est avant tout une histoire d'amour, complexe et délicate, finalement. C'est un réel coup de coeur à découvrir, à condition d'avoir plus de 18 ans toutefois. 

 

On y renverse tous les codes, toutes les traditionnelles questions sur la sexualité et l'oppression dont les femmes peuvent être victimes. C'est bien plus qu'une leçon, parce que le sort de Gisèle est scellé, et qu'elle ne redeviendra jamais Georges. Il faudra apprendre à vivre dans cette nouvelle existence, avec ses bons côtés et ses mauvais. Un peu de violence, surtout psychologique, mais finalement une grande tendresse...

 

Quelques rares croquis de Gisèle et Béatrice, mais bien, d'autres dessins et petites choses sont à retrouver sur le site de Benoît Feroumont.