Homer Simpson, plus qu'un héros, un modèle pour Thomas Pynchon

Cécile Mazin - 04.09.2014

Manga/BD/comics - Comics - Homer Simpson - Thomas Pynchon - scénario écriture


Thomas Pynchon est apparu à deux reprises dans la vie de la famille Simpson. La première fois, le visage couvert d'un sac en papier, il vient aider Marge à devenir écrivain, incarnant son propre rôle. Une seconde fois, il était venu féliciter la mère de famille pour des ailerons de poulet, toujours son sac en papier sur la tête. Entre les Simpson et l'écrivain, c'est une histoire d'amour. Une grande. 

 

 

 

 

Être l'invité de luxe de la famille la plus jaune et déjantée des États unis n'a rien de la promenade de santé. En 2004 et 2005, Pynchon venait déambuler dans les rues de Springfield, sortant, presque, de sa cachette. Or, le producteur exécutif de la série, Matt Selman, a diffusé sur les réseaux, le script de sa seconde intervention, que Pynchon avait passablement modifié. 

[Le romancier] intervient dans Tous les goûts sont permis (All's fair in oven war), le second épisode de la seizième saison. Les paroles de Pynchon, qui, sac de papier sur la tête, félicite Marge pour ses "ailerons de poulet rôtis à la western et au wasabi" (sic) sont entièrement constituées de références à des titres de ces romans : « These wings are ‘V'-licious ! I'll put this recipe in 'The Gravity's Rainbow Cookbook', right next to 'The Frying of Latke 49' » (assez bien traduit par "Ces ailerons de poulet sont "V-licieux" ! J'en mettrai la recette dans mon "Les Œufs à la Neige du Kilimandjaro"…").

(via wikipedia)

 

 


 

Or, toutes les modifications sont de la main de Pynchon, qui avait alors introduit les allusions à ses titres de livres sous cette forme de jeux de mots. Et surtout, il refusait de qualifier Homer de « gros cul », écrivant en marge du récit : « Désolé, les gars, Homer est mon modèle et je ne peux pas dire du mal de lui. »

 

La venue de Pynchon dans les Simpson rompait nettement avec la vie de solitaire du romancier, qui réside à New York malgré tout, mais ne sort que très rarement. Raison pour laquelle il était couvert d'un sac. Un peu comme la bouteille d'alcool que l'on cache dans un emballage papier, pour ne pas la montrer... 

 

Pour cette rentrée, Pynchon publie chez Seuil Fonds perdus (Bleeding Edge, en VO), traduit par Nicolas Richard.