Injuriée pour une photo de milkshake : l'industrie comics victime de trolls débiles

Florent D. - 07.08.2017

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Difficile de comprendre ce qui a pu se passer. Heather Antos, éditrice de comics chez Marvel, a fait l’objet d’une vendetta dans les règles. Après avoir posté une photo de son équipe, milkshake en main, la voici injuriée de toutes parts sur Twitter. La bêtise n’a plus de limites.


 

 

« Comment puis-je oser publier une photo de mes amies sur internet sans m’attendre à être brutalisée, insultée, harcelée et prise pour cible », demande-t-elle, par la suite. Cette histoire a pris, voilà quelques jours, des proportions inouïes. Les trolls à l’origine de cette polémique n’ont eu de cesse que d’accuser l’éditrice d’être à l’origine des baisses de ventes et d’une médiocrité ambiante chez Marvel. 

 

 

 

Les messages passés étaient limpides : si l’on se met à prôner la diversité, les héros ou héroïnes LGBT, et offrir des histoires pour tous, alors la substantifique moelle de l’industrie comics est noyée. Il est certain – plus encore ! – que des personnages en collant moulant bleu, et slip rouge et cape assortie, c’est de l’expression virile, masculine, in-con-tes-ta-ble-ment.

 

Bref, cette histoire de milk shake est devenue virale, et voilà qui est peu étonnant.

 

On se souviendra, désolé, que la scénariste Chelsea Cain avait quitté Twitter, pour des raisons similaires. Auteure de la série Mockingbird – héroïne lesbienne et pleinement assurée, membre du SHIELD et spécialiste des arts martiaux – elle avait essuyé la même tempête que l’éditrice.

 

« Je suis étonnée que le comics fasse à ce point ressortir la cruauté chez les gens », avait-elle lâché, avant de couper court à la conversation. Et de conclure alors : « Il existe encore un segment bruyant dans le lectorat de comics qui est dominé par des cons d’utilisateurs sexistes de Twitter. »

 

Un sexisme omniprésent dans le monde du comics américain, industrie originellement dirigée vers les adolescents blancs ? C’est le constat encore opéré – et les troupes de trolls qui attendent tapis dans l’ombre, sous les ponts du web, ne manquent de le rappeler régulièrement. 

 

Heureusement, les maisons d’édition spécialisées n’ont pas trop tardé à réagir, un hashtag est venu en opposition, #MakeMineMilkshake, pour tenter de contrer les attaques de trolls... Mais une fois de plus, le mal est fait. 

 


 

« Ce n’est pas aussi terrible en France, mais nous ne sommes jamais vraiment à l’abri. Le fait que les comics soient une industrie plutôt masculine – et que l’on accepte les femmes surtout pour les démonstrations de cosplay – se ressent moins chez nous », nous assure une attachée de presse. « Les remarques sexistes vont moins loin, mais elles existent tout de même. Mais c’est certain, aux États-Unis, ça peut partir au quart de tour... »

 

Alors, les posts réalisés par les équipes de DC Comics, Marvel et d’autres, évidemment, sont réconfortants pour l’éditrice. Mais tout cela démontre combien il reste encore de chemin à parcourir.

 

 

 

 

Heather Antos ne s’est pas dégonflée, et tente de relativiser : « Pour Votre Information, il y a une énorme différence entre apporter des critiques constructives, dans un complet respect et simplement brailler des insultes. » À suivre...