Iznogoud par Canteloup : entre De Funès, Villepin et Sarkozy

Clément Solym - 27.01.2012

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Iznogoud pour Prézident, en 2012, c'est le pari de Nicolas Canteloup, le célèbre imitateur, qui a décidé de prendre en charge de scénario du titre, pour son prochain opus. Avec Laurent Vassilian en soutien, et Jean Tabary, le fils, au dessin, Canteloup va donner une nouvelle vie à l'ignoble vizir, qui rêve, comme on le sait, d'être calife à la place du calife. 

 

C'est le 21 février que Imav Editions publiera ce prochain opus, personnage de Goscinny et Tabary, qui fêtera ses 50 ans cette année. 

 

Canteloup n'est pas peu fier de ce renouveau dont on lui a confié la charge, rappelant que « cet anti­héros a un passé prestigieux. Vingt-six albums nous précèdent, sans oublier qu'il a été créé par deux illustres auteurs, René Goscinny et le dessinateur Jean Tabary. Bref, l'héritage est lourd.


Je me suis d'abord replongé dans les albums. René Goscinny disait qu'Iznogoud était son 'défouloir à calembours'. Comme Laurent et moi sommes issus de l'école Guignols où les jeux de mots et autres calembours sont proscrits, on y a vu l'opportunité de pouvoir enfin se lâcher ».

 

 

Dans un entretien accordé au Figaro, il explique combien l'aventure sera toutefois périlleuse : « Il faut bien comprendre qu'Iznogoud est très caricatural, très facile à définir : c'est un petit énervé qui révèle nos bas instincts. Parce qu'on a eu envie un jour ou l'autre de prendre la place de l'autre, de devenir calife à la place du calife. »

 

C'est que depuis toutes ces années, et la naissance en 1962 de l'ignoble, son caractère belliqueux et teigneux, s'est affiné, avec une capacité à s'énerver plus rapidement que jamais. Et toute ressemblance avec un actuel président serait par ailleurs fortuite.  Or, « il n'empêche. Iznogoud traverse une actualité plus contemporaine. Après, en définitive, c'est la force du dessin de Nicolas Tabary, le fis de Jean, qui impose le personnage », souligne Canteloup. 

 

Mais le vizir pourrait tout aussi bien être un croisement, puisque l'imitateur précise qu'il s'est inspiré de la voix de Dominique de Villepin, pour arriver à creuser la psychologie du personnage. « C'est sorti comme ça ! Quand j'imite Iznogoud, une sorte de mélange se fait dans ma tête, entre une espèce de Villepin énervé, une pincée de Funès, avec l'ombre de Sarkozy qui plane… »

 

Nicolas Sarkozy, le nom est lancé : « Si je vous répondais non, vous n'allez pas me croire. (Rires.) C'est vrai qu'au début j'y ai pensé. Mais le côté «calife à la place du calife» ne lui correspond plus. Sarkozy a été dans cette position quand il voulait remplacer Chirac. Maintenant, en tant que président, il est passé un cran au-dessus : il voudrait bien être calife à la place de lui-même ! »

 

Un Iznogoud qui jouira également d'une actualité chaude, puisque Canteloup explique avoir puisé dans le printemps arabe, autant que dans la présidentielle 2012, pour la rédaction du scénario...

 

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