Jacques Brel illustré par de grands noms de la bande dessinée

Clément Solym - 04.02.2013

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Les éditions Margot, créées en 2011, vont surfer sur le succès de leur précédent ouvrage, Brassens, un p'tit coin de Paradis, et s'intéresser désormais à Jacques Brel. Il s'agit du deuxième opus d'une collection consacrée à la chanson française. Un ouvrage abondamment illustré, pour mettre en couleurs dix-neuf chansons choisies pour l'occasion. 

 

 


 

 

Ce recueil d'illustrations, pour prolonger l'écoute des chansons de Brel, a été composé avec des grands noms du dessin. Ainsi, Pascal Rabaté se plonge dans un sac de bonbons, Étienne de Friess reprend la scène de souper de ces gens-là... Jean-Denis Pendanx s'intéresse plutôt à la fin de Brel et Jeffe Pourquié se demande pourquoi la Madeleine mutine ne répond jamais. 

 

C'est un Brel multiple qui est ici présenté, « la solitude dépouillée et brute de l'artiste dans son humanité », mais également au travers des paysages, comme le Plat pays que Pierre Charentus dévoile. 

Un recueil qui se présente comme un mélange des genres, le tout préfacé par Dick Annegarn, grand admirateur et premier à rendre hommage à Brel dans cet ouvrage.

 

Brel était double. Ce grand Flandrin wallon a donné à la chanson française les mots les plus sonores et les mieux écrits. Maladroit, il a acquis cette adresse dans la tourmente d'une renaissance poétique et politique propre aux années soixante. Sa famille vient de la bourgeoisie d'Ostende, dans la province de la Flandre occidentale, où parler wallon représentait le prestige des commerçants. Mais ses frères et sœurs de cœur s'appelaient Barbara, Léo, Georges et le père Duval.

Brel était scout et rebelle. Éduqué par le clergé belge dans la tradition d'une camaraderie obligée. Même si l'« abbé » Brel n'aimait pas l'Église, il a offert ses derniers vols en Cessna aux religieuses des îles Marquises, pour servir les bonnes œuvres. S'il se méfiait des chapelles, voire des familles, il fréquentait âprement les casinos et la famille royale belge.

Brel était aussi germain que Franz. Aussi arabe que Jésus. Il allait prêcher la miséricorde de l'homme blessé au Caire, à Rabat, à Alger. Il y fréquentait les zouaves, les paras et autres pieds- noirs. Il a fini sa vie avec une mulâtre. Comme lui. Mélange de Fernandel et de Farid El Atrache, il aurait pu être un chanteur de shaabi algérois. Un jour, à Ghardaïa, des chauffeurs algériens m'ont invité à les accompagner pour traverser le désert du Hoggar en camion : « On te chantera le Coran et toi tu chanteras Jacques Brel. »

Brel est éternel.

 

Le livre sera disponible le 1er mars prochain

 

 

 

 

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