Japon : en deux jours, 44 arrestations pour partage illégal d'anime et de mangas

Antoine Oury - 23.02.2016

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Le Japon avait annoncé un renforcement de la lutte contre le piratage, et ce n'était pas rien de le dire. La dernière descente de police a abouti à l'arrestation de 44 personnes, accusées de partage illégal d'anime ou de mangas. 93 domiciles ont été visités par la Japanese National Police Agency, en collaboration avec 29 commissariats locaux.

 

Attention, pirates

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Les mangas connaissent un réel essor numérique au Japon, mais la diffusion pirate représenterait une vraie perte pour l'industrie. Plusieurs solutions avaient déjà été tentées pour limiter leur piratage, notamment de les rendre plus accessibles légalement ou de permettre des traductions anglaises simultanées aux sorties japonaises. Néanmoins, le versant répressif de cette politique est toujours aussi important.

 

Ainsi, c'est l'Association of Copyright for Computer Software (ACCS, Association pour les droits d'auteur des programmes informations) qui annonce le dernier coup de filet de la police japonaise, avec 44 arrestations en deux jours de descentes. À ce titre, remarquons que la police japonaise et l'industrie culturelle communiquent volontiers sur le nombre d'arrestations, mais rarement sur leurs suites judiciaires, et les éventuelles condamnations.

 

En novembre 2015, la police de Kyoto annonçait ainsi l'arrestation de deux étudiants chinois accusés d’avoir mis en ligne le dernier chapitre d’un populaire manga japonais, The Seven Deadly Sins de Nabaka Suzuky. Un mois plus tôt, le Japon rejoignait les États-Unis dans la signature d'un traité transpacifique (TPP), dont de nombreux articles évoquent la protection des droits d'auteur et la lutte contre le piratage. Les pays engagés dans ce traité devraient être amenés à calquer leur modèle législatif sur celui des États-Unis, à terme.

 

L'ACCS va même jusqu'à préciser le profil de certains pirates, pour dissuader les contrevenants, et l'on remarquera que la diffusion illégale n'est pas l'apanage de la jeunesse :

 

  • Un homme de 34 ans, employé à mi-temps à Tokyo (a mis en ligne l'anime Lupin III: Tōhō Kenbunroku ~Another Page~)
  • Un homme de 39 ans, employé à Kanagawa (a mis en ligne le premier épisode de l'anime Isuca)
  • Un homme de 30 ans, chômeur à Osaka (a mis en ligne le tome 39 du manga Kingdom)
  • Un homme de 52 ans, employé à Hyogo (a mis en ligne le tome 31 du manga Yamikin Ushijima-kun)
  • Un homme de 39 ans, autoentrepreneur à Hiroshima (a mis en ligne le tome 1 du light novel Golden Time)
  • Un homme de 46 ans, employé à Okayama (a mis en ligne le tome 17 du manga Attack on Titan, et le tome 7 du manga SP - Keishichō Keigobu Keigoka Daiyon-gakari)
  • Un homme de 39 ans, employé à mi-temps à Kagawa (a mis en ligne le tome 35 du manga Bleach)
  • Un homme de 55 ans, employé à Nagasaki (a mis en ligne Speed Learning Beginner/Vol.2 English for Travelers)

 

(via Anime News Network