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'Je n'achèterai plus jamais un seul Tintin neuf. Moulinsart a pété un câble'

Nicolas Gary - 22.04.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - Tintin - Editions Moulinsart - Casterman


Comme l'explique très bien le rédacteur en chef et co-fondateur de Slate.fr, Johan Hufnagel, c'est l'histoire d'une « loi américaine qui censure un contenu belge twitté par un Français, c'est beau quand même :) ». De quoi s'agit-il ? D'un méchant coup de gueule balancé depuis Twitter, pour pester contre des méthodes ubuesques. Et appuyer là où ça fait mal. Bien mal.

 

 

 

En plein coeur de l'affaire Éditions Moulinsart contre le Petit XXIe, un Tumblr qui se servait de cases tirées des albums de Tintin. Et comme l'on est taquin, sur Internet, on choisit de passer par Twitter pour adresser des messages pas vraiment subliminaux aux gens dont on trouve le comportement un peu déplacé… Ce qui est sidérant, c'est qu'après avoir fait en sorte de nettoyer complètement le Tumblr de toute case de Tintin, les éditions Moulinsart ne se sont pas arrêtées en si bon chemin. Du tout. 

 

En fait, le Petit XXIe, sur son fil Twitter, a indiqué que Moulinsart était vraiment parti en guerre. Et que cette dernière, toute technologique, semblait tourner à son avantage. Dans un joli message reçu par Twitter, les Éditions Moulinsart demandaient donc que soient supprimées toutes les cases que l'on retrouvait sur le fil du Petit XXIe. Ce dernier « n'a pas reçu l'autorisation de reproduire de visuels venant du travail de Hergé ». Moralité : on demande à Twitter de supprimer, Twitter supprime…

 

Progressivement, les internautes, via le réseau de microblogging, ont fait part de leur mécontentement : 

 

 

 

 

 

 Jusqu'à ce que le rédacteur en chef de Slate lâche un gros mécontentement. En effet, ce dernier a vu l'un de ses messages supprimés, parce qu'il contenait une case de Tintin, et que ce genre de chose est contraire du Digital Millenium Copyright Act. Et voilà donc que la législation américaine décide de bloquer une vignette de Tintin, oeuvre belge, tweetée par un Français. L'objet du délit, le voici : 

 

 

 

Et le message d'infraction au DMCA, le voilà : 

 

 

 

Sollicité par ActuaLitté, les éditions Moulinsart, pas plus que les éditions Casterman n'ont pour le moment souhaité réagir. Il serait pourtant plus que temps que, d'un côté comme de l'autre des sociétés qui exploitent l'oeuvre de Hergé, on se pose un instant autour d'une table pour réfléchir. À ce titre, peut-être que, parmi les pistes de réflexion, on pourrait s'inspirer de ces remarques d'internautes, particulièrement pertinentes 

 

 

 

 

 

 

 

Ou peut-être devrait-on alerter Antoine Gallimard du mal que l'on peut faire à sa société : après tout, Casterman appartient à Flammarion, que la holding Madrigall a racheté. En octobre dernier, Casterman et les Éditions Moulinsart étaient censées s'être réconciliées, décidées, toutes deux, à « valoriser et entretenir » la mémoire d'Hergé et son oeuvre. Mieux : la nouvelle équipe à la tête de Casterman avait rassuré Moulinsart, qui voyait là l'occasion de « contribuer ainsi à la pérennité de la maison d'édition d'Hergé ». 

 

Il serait plus que temps de secouer les puces de tout ce beau monde…

 

 

Par Joanna Fux (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)